Docteur Yves VIVINI

 Le jeûne et les traitements naturels

1970

Mes remerciements vont à Madame Henriette VIVINI qui - en absence d'un éditeur - m'a autorisé de publier ces pages, et à Jean MARCHANDISE, docteur homéopathe, qui a passé le livre au scanner. Les corrections m'ont pris quelques semaines et je compte sur l'indulgence du lecteur par rapport aux fautes qui restent ... Merci aussi à Bertrand.

Sont seuls reproduits ici les chapitres concernant le Jeûne Thérapeutique.

AVANT-PROPOS

La première édition de « Guérir par le jeûne » ayant été épuisée très rapidement, je reprends le sujet car j’estime que beaucoup de chapitres importants avaient été seulement effleurés dans cette première édition, alors qu’ils auraient mérité un développement plus complet.

 J’ai publié ce petit livre pour qu’il fasse mieux connaître, et à un plus grand nombre de personnes, les bienfaits de cette thérapeutique merveilleuse, et je crois qu’il a bien rempli sa mission. Maintenant, il s’agit d’approfondir le sujet, d’en étudier plus à fond tous les différents aspects, de donner des arguments tangibles afin de convaincre les sceptiques.

C’est ainsi, notamment, que les observations de malades avec examens probants (biologie, radiologie, etc...) ont été multipliées, afin que l’on puisse se rendre compte, d’une part, que les cas cités dans la première édition, n’étaient pas des cas uniques et, d’autre part, que le jeûne est efficace dans beaucoup d’autres affections que celles citées dans le premier livre. Un chapitre spécial est consacré aux statistiques établies par mes soins, résumant mon expérience de dix années de pratique des cures de jeûne, soit environ 60000 journées de jeûne intégral. Ainsi les médecins pourront mieux apprécier la valeur scientifique et objective de ma méthode, et les malades verront plus facilement si leur propre cas est justiciable de cette thérapeutique.

Dans le chapitre consacré aux affections malignes, j’ai développé la technique du diagnostic précoce du cancer et du cancérinisme (état cancéreux) par les « cristallisations sensibles » de PFEIFFER. Cette méthode, presque inconnue en FRANCE, est utilisée avec succès en SUISSE depuis plus de trente ans, et permet d’éviter l’apparition de cancers ou au moins de les traiter plus efficacement parce que détectés tout au début, alors qu’ils sont indécelables par les méthodes d’examens classiques: radiologie, biopsie, etc...

 J’ai également élargi considérablement le chapitre consacré à l’alimentation, non seulement l’alimentation qui suit immédiatement la cure de jeûne, mais surtout celle qui doit être la SEULE alimentation rationnelle, m’appuyant pour cela sur l’autorité incontestable d’HIPPOCRATE et de GALIEN, notamment d’après les Textes récemment traduits en français.

  CHAPITRE PREMIER

 

QUI PEUT-ON FAIRE JEUNER ?

Il existe encore, à l’heure actuelle, trop de préjugés défavorables et des idées absolument erronées concernant le Jeûne. Combien de personnes ne pensent-elles pas que c’est une méthode de traitement à réserver exclusivement aux obèses, confondant en cela le Jeûne avec les diverses méthodes d’amaigrissement tant à la mode aujourd’hui ? Si le jeûne n’était que cela, inutile d’en faire un livre : mais nous allons voir tour de suite que si le Jeûne fait, évidemment, maigrir, on peur l’appliquer avec profit à de nombreux malades autres que des obèses.

 1. — LES OBÈSES

Pourquoi parler d’eux, puisque tout le monde est d’accord : la privation de nourriture fait maigrir les personnes trop grosses ? La chose serait trop simple. Il y a certes, l’obésité des gros mangeurs, qui se traduit par une surcharge graisseuse, non seulement de la peau mais aussi des organes internes, nuisant ainsi à leur bon fonctionnement, surcharge graisseuse due à la gourmandise ou à des excès alimentaires, et cette obésité répond très bien à l’action du Jeûne, mais cette sorte d’obésité ne représente qu’une partie de la question.

Reprenant la classification du Docteur AZÉRAD, dans l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale, nous voyons qu’en dehors des obésités exogènes (ci-dessus) on considère les obésités endogènes, elles-mêmes subdivisées en obésités endocriniennes : thyroïde, ovaires (influence de la grossesse, des règles), testicules, hypophyse, surrénales, pancréas; en obésités neurogènes (troubles de l’hypothalamus ou des chocs affectifs); en obésités par troubles du métabolisme de l’eau et du sel.

Cette classification est certes très intéressante, et sur le plan didactique et sur le plan pratique, lorsqu’on veut traiter ces obésités par des moyens allopathiques ou opothérapiques, autant que possible adaptés à l’étiologie : les traitements seront différents suivant les causes. Mais lorsqu’on les traite par le Jeûne et la Naturopathie, on s’aperçoit d’un fait troublant : quelle que soit la variété d’obésité en cause, la cure agit aussi bien sur l’une que sur l’autre variété, les observations de malades le prouvant nettement.

 

Dans les obésités exogènes, non seulement le poids fond rapidement, mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces gros mangeurs supportent très bien le Jeûne et sont même les premiers étonnés de cette facilité. Alors qu’ils s’attendaient à devoir résister à la faim tout au long de la cure et à endurer un supplice extraordinaire, ils n’ont absolument pas faim, et se rendent compte, alors, que ce qu’ils prenaient auparavant pour de la faim, et qui les incitait à manger trop et trop souvent, n’est en réalité qu’une fausse sensation. Ceci est d’un grand intérêt, car, par la suite, ils ont beaucoup plus de facilité à restreindre la quantité de nourriture, puisqu’ils ont appris à distinguer entre la vraie faim et ce qui n’est que « fringale », c’est-à-dire déformation d’un instinct naturel.

 Ceci est un avantage très appréciable du traitement de l’obésité par le Jeûne, car le traitement par les « modérateurs de l’appétit », si nombreux de nos jours, ne donne pas aux obèses cette notion exacte de la faim réelle et de la fausse faim. En effet les malades traités par ces médicaments savent bien que s’ils mangent moins c’est grâce aux drogues, et lorsqu’ils les suppriment ils sont obligés de manger autant qu’ auparavant puisque leur cure n’a pu leur faire toucher du doigt cette évidence : tout obèse peut rester des jours et des jours sans manger et sans ressentir la faim, même sans drogue.

 Dans les obésités endocriniennes, non seulement le poids diminue de façon spectaculaire, mais aussi on voit rentrer dans l’ordre les troubles glandulaires que l’on croyait être les causes de l’obésité, qu’ils soient thyroïdiens, hypophysaires, ovariens, testiculaires, surrénaliens ou pancréatiques.

 C’est ainsi par exemple que les femmes assistent au retour d’un cycle menstruel normal après une cure de jeûne qui les a fait maigrir, et ceci sans thérapeutique hormonale, alors que, bien souvent, jusqu’alors on leur avait administré largement des hormones (femelles ou mâles) qui n’avaient réussi ni à les faire maigrir ni à leur donner des règles régulières.

 Dans les obésités neurogènes, la cure fait disparaître les troubles nerveux ou psychiques en même temps que l’excès de poids.

 Dans les obésités par rétention hydrique ou hydrochlorurée, le Jeûne reste indiqué, mais il faut, la plupart du temps, adjoindre des CURES DE SOIF qui consistent dans la suppression totale de toute boisson pendant des périodes de 24 ou 48 heures, périodes que l’on entrecoupe de journées où le malade peut boire. Après deux, trois ou quatre cures de soif ainsi conduites, on assiste généralement à une reprise de la diurèse par déblocage des reins dont l’insuffisance de fonctionnement était à l’origine de ces sortes d’obésité.

Ces obésités par rétention hydrique ou hydro-chlorurée sont de plus en plus fréquentes, et il est permis de penser que l’abus des thérapeutiques chimiques, notamment des diurétiques administrés sans précaution à toute femme qui grossit, ainsi que tous les médicaments destinés à modérer l’appétit, tant en vogue à l’heure actuelle, sans parler de la débauche d’antibiotiques ou de dérivés cortisoniques, sont responsables de cette augmentation de fréquence des insuffisances rénales.

 A ce propos, soulignons — en accord avec de nombreux médecins illustres, professeurs de Faculté et « grands patrons » des Hôpitaux — l’incohérence, non pas tant de la médecine allopathique que de la « médicamentite » dont sont atteints trop de médecins :

le diagnostic est juste : l’insuffisance rénale, souvent larvée, discrète et difficile à détecter, est très bien appréciée, mais pourquoi administrer alors des drogues violentes, qui, puisqu’elles doivent obligatoirement passer par ce filtre rénal déjà déficient, ne peuvent qu’aggraver son insuffisance? C’est exactement aussi logique que si l’on cravachait et recravachait un cheval fourbu pour le faire aller plus loin, au lieu de le laisser se reposer. Dans le premier cas il fera encore quelque distance, puis tombera pour ne plus se relever, alors que dans le deuxième cas, après un repos mérité, il pourra parcourir de nouveau une longue étape.

 Cette action d’une même thérapeutique (le Jeûne) sur des variétés d’obésité en apparence si dissemblables, est troublante, disais-je plus haut. Mais en même temps, cela nous amène à conclure, en toute logique, que, malgré les apparences, la cause est unique. Je pense que la classification des obésités est superficielle, et ne va pas au fond des choses. Lorsqu’on dit, par exemple : il s’agit d’une obésité thyroïdienne, ou bien d’une obésité par rétention hydrique, on n’explique pas grand-chose, car on ne précise pas pourquoi cette glande thyroïde est déréglée, ou pourquoi ces reins ne fonctionnent plus suffisamment.

 A mon avis, le processus est le suivant : par suite d’une surcharge quelconque, alimentaire, médicamenteuse, microbienne, nerveuse ou même héréditaire, tel ou tel organe sera plus spécialement touché et traduira sa souffrance par des symptômes plus apparents, qui provoqueront du moins dans le cas qui nous occupe l’obésité. La cure, en « décrassant » le ou les organes en cause, fera donc disparaître en même temps l’obésité et ses causes.

Il me faut ici ouvrir une parenthèse qui ne concerne pas spécialement l’obésité, mais qui nous permettra, tout au long de cet ouvrage, de bien comprendre le mécanisme de l’action du Jeûne, qui n’a rien de mystérieux, même si, comme nous le verrons plus loin, il semble étonnant au premier abord que la privation de nourriture air pu guérir, par exemple, un asthme très ancien.

 Que se passe-t-il dans l’organisme pendant la cure de Jeûne?

 La vie ne cessant pas pour autant, les organes continuent de fonctionner, cela est l’évidence même. Or, l’activité cellulaire se résume en deux fonctions : anabolisme et catabolisme, c’est-à-dire assimilation et élimination.

 Comme la première fonction est totalement supprimée par le fait du Jeûne intégral, toute l’activité cellulaire est donc consacrée, par la force des choses, OBLIGATOIREMENT, à l’élimination, et cette élimination se fait au niveau de chaque cellule, de chaque organe. On aboutir ainsi, peu à peu, à une récupération des capacités fonctionnelles normales de l’ENSEMBLE de l’organisme, par suite du nettoyage de chaque cellule, qui parvient, au bout d’un temps plus ou moins long, à éliminer toutes les toxines qui l’encombraient.

 Ce mécanisme nous permet de comprendre que le Jeûne puisse agir sur des affections aussi dissemblables que celles que nous passerons en revue dans un chapitre suivant.

 Si certains trouvaient ces raisonnements trop simplistes, il n’en reste pas moins vrai que seuls les faits sont indiscutables, et les observations d’obésité traitée par le Jeûne et la Naturopathie sont démonstratives (voir page 197).

 Avant d’en terminer avec l’obésité, je tiens à rappeler ce point important : le préjugé qui consiste à penser que le Jeûne est réservé au traitement des obésités des gros mangeurs est, comme tout préjugé d’ailleurs, absolument faux. Le jeûne est indiqué dans toute forme d’obésité quelle qu’en soit l’étiologie apparente.

2. — LES MAIGRES

 

Je pense qu’en disant que l’on peut faire jeûner avec profit toutes formes d’obésité, je n’ai heurté personne, même en parlant des obésités qui n’ont rien à voir avec l’excès alimentaire. Tandis qu’en disant que le Jeûne reste indiqué chez les malades maigres, je suis certain de faire sursauter un grand nombre de personnes, et notamment des médecins. Combien de fois n’ai-je pas entendu des confrères me dire : « C’est dommage que ce malade soit si maigre, sinon je vous l’aurais envoyé, car son affection est justiciable d’une cure de jeûne ! »

 Et pourtant les maigres (c’est-à-dire ces malades qui tout en mangeant bien, souvent même en absorbant une quantité invraisemblable d’aliments ou de fortifiants pour essayer de grossir, ne peuvent prendre de poids), retirent un grand bénéfice d’une cure de jeûne.

Cela se comprend aisément, en se rappelant le mécanisme que nous avons étudié à propos de L’obésité. Le maigre est, avant tout, un malade, et, comme tel, un intoxiqué, ou si l’on préfère, un intoxiné; par suite d’un encrassement cellulaire plus ou moins important, un ou plusieurs de ses organes fonctionnent insuffisamment, et le Jeûne rendra à chaque cellule, donc aux organes, un potentiel d’élimination meilleur pendant la cure. Après la cure, il s’ensuivra un potentiel d’assimilation normal qui permettra à ce malade, maigre depuis toujours, de reprendre du poids dans les semaines ou mois qui suivent, d’une façon souvent étonnante.

 Aussi paradoxal que cela puisse paraître à première vue, le Jeûne, qui, pourtant, dans un premier temps, fait d’abord maigrir ces malades, est souvent le seul moyen de leur permettre de grossir par la suite, précisément en régularisant le fonctionnement des organes perturbés, qu’il s’agisse du foie, de la glande thyroïde, des surrénales, ou de tout autre trouble organique. Encore une fois, les faits sont plus probants que la plus belle des théories, et les observations concernant des cas de maigreur nous en donneront la preuve (voir page 199).

3. — LES FATIGUÉS

Quel médecin ne connaît ce genre de malades qui, du matin au soir, traînent une fatigue insurmontable, qu’ils ne peuvent vaincre, malgré les fortifiants ou les excitants absorbés, qui ne changent rien à leur état, au contraire ? On peut même dire que c’est une catégorie de malades qui devient de plus en plus répandue et 70 % des consultants, à la question classique du médecin qui leur demande : « Vous venez me consulter pour quelles raisons ? » répondent d’abord : « Docteur, je suis très fatigué ».

 Pour ces malades, comme pour les maigres, la désintoxication procurée par le Jeûne permet de leur rendre un état d’euphorie, de dynamisme, qu’ils ne connaissaient plus depuis des années.

 Il faut bien comprendre, d’ailleurs, que la cure de jeûne est à conseiller non seulement chez les fatigués physiques, mais également chez les fatigués psychiques, les déprimés, qui ont tendance à la mélancolie, aux idées noires, aux angoisses. L’amélioration du tonus et du dynamisme porte aussi bien sur l’état psychique que sur l’état physique. Il est certain, d’ailleurs, que les deux sont très souvent intimement liés, et qu’en agissant sur l’un on a automatiquement une action sur l’autre. Je ne m’étends pas davantage sur ce sujet que nous analyserons en détail plus tard, je tenais simplement à souligner l’action bénéfique du Jeûne sur les états de fatigue.

 Les observations de malades fatigués, anémiés, décalcifiés seront regroupées car il arrive fréquemment que ces étiologies soient concomitantes.

4. — LES ANÉMIES

Voici encore un préjugé bien établi : lorsque quelqu’un est anémié, il faut le faire manger davantage, et si possible beaucoup de viande, d’œufs et naturellement lui donner des « fortifiants ». Or, les examens prouvent que la plupart des malades anémiés ont un foie en très mauvais état, et ce genre de régime, même s il semble donner un bon résultat dans l’immédiat, ne fait qu’aggraver le surmenage hépatique. Je sais bien que le foie n’est pas le seul en cause dans ces syndromes, mais il est prouvé qu’il joue un rôle primordial, et cela explique que la cure de Jeûne, aussi paradoxal que cela puisse paraître, donne d’excellents résultats dans les cas d’anémie.

En outre, comme je l’ai dit, l’action de nettoyage ne porte pas que sur le foie et les organes digestifs, mais sur l’ensemble de l’organisme, et les autres organes de l’hématopoïèse : rate, moelle osseuse, reins, etc..., en tireront profit.

LES DÉCALCIFIÉS

Les observations de malades anémiés nous ont montré que le Jeûne, en même temps qu’il agit sur l’anémie, agit aussi sur les décalcifications. Tour le monde sait d’ailleurs que ces deux affections sont souvent concomitantes. C’est précisément cette notion de carence (en globules rouges ou en calcium) qui, par un raisonnement trop simpliste, a conduit à la thérapeutique de suralimentation. Comme si un individu qui mange normalement ne trouvait pas largement assez de calcium dans ses aliments ! En réalité, les aliments en contiennent suffisamment, et même souvent trop abondamment, mais ce malade ne peut plus le FIXER. C’est un dérèglement et non une carence, sauf dans des cas précis et exceptionnels de sous-alimentation nette et prolongée (anorexie mentale, camp de concentration, pays sous-développé, etc...) Le gavage de calcium, naturel ou artificiel, est à peu près aussi logique que l’histoire du tonneau des Danaïdes...

 Je sais bien que, fréquemment, ces malades anémiés ou décalcifiés sont des malades qui ont perdu l’appétit, et, dans le cas d’anorexie, il peut sembler logique d’apporter du calcium médicamenteux, puisque l’individu ne mange plus sa ration minima de calcium. Ceci est encore fallacieux, car si l’appétit a disparu, c’est qu’il y a une raison à cela. Nous ne savons plus écouter la Nature, ni reconnaître la justesse de nos instincts purement animaux, sinon nous interpréterions aisément cette anorexie comme une réaction normale d’un organisme saturé et qui VEUT se mettre au repos, c’est-à-dire au Jeûne. Nous nous retrouvons ici dans le cas des Maigres dont je parlais au début : en faisant jeûner ces malades anorexiques, on « décrasse » leur organisme, et ensuite, non seulement la faim revient, mais aussi la possibilité de fixer à nouveau le calcium naturel des aliments, et la décalcification disparaît.

 

 

6. — LA GROSSESSE

 Chacun sait, et croit fermement, que « lorsqu’une femme est enceinte, elle doit manger pour deux », sinon elle fera de l’anémie, de la décalcification (voir paragraphes précédents !), peut-être de la tuberculose etc... et en tout cas elle mettra au monde un héritier chétif, rachitique, et dont naturellement elle aura honte, car plus l’enfant est gros, plus la mère est fière...

Voilà encore un préjugé aussi absurde qu’il est bien enraciné.

On a vu récemment ces drames affreux provoqués par la thalidomide, mais la suralimentation, si elle n’a pas de conséquences aussi redoutables, est certainement responsable des difficultés de croissance, de plus en plus fréquentes, des nourrissons. Il semble inconcevable que l’on ait peur de faire jeûner des femmes enceintes, mais qu’on n’hésite pas à leur administrer des médicaments chimiques ou des aliments et fortifiants totalement antinaturels.

  7. — L’AGE

 C’est une question importante à soulever, car à ce sujet aussi, il existe trop de préjugés. J’ai fait jeûner des enfants, de très jeunes enfants, même des nourrissons, j’ai fait jeûner des vieillards de 88 ans, et si je n’ai pas fait jeûner des malades plus âgés, c’est tout simplement parce que l’occasion ne m’en a pas été donnée, car je suis certain qu’il n’y a pas d’âge limite.

Seules changeront, suivant l’âge du malade, la façon de conduire la cure et sa durée, ainsi que la manière de réalimenter. Le seul point délicat est d’avoir du doigté, ou plutôt de savoir interpréter les réactions individuelles de chaque organisme, de savoir discerner parmi ces réactions celles qui sont naturelles, salutaires, et celles qui ne le sont pas, c’est-à-dire celles qu’il ne faut surtout pas enrayer, et celles qu’il serait dangereux de laisser évoluer. C’est une affaire d’expérience, de bon sens, de pratique, appuyés par la science.

 Dans ce chapitre, j’ai insisté sur ces différents points, parce qu’ils constituent précisément des préjugés qui empêchent bien souvent des malades de profiter des bienfaits du jeûne.

Arrivés à ce point de notre travail, nous savons maintenant que, contrairement à une opinion trop répandue, et notamment dans le Corps Médical, le Jeûne n’est pas une thérapeutique réservée exclusivement aux obèses, mais qu’elle convient tout aussi bien aux malades maigres, fatigués, déprimés, anémiés, décalcifiés, aux enfants, et aux vieillards qu’aux adultes.

Nous allons maintenant passer en revue les indications cliniques du jeûne, autrement dit après avoir vu quels sont les MALADES que l’on peut faire jeûner, nous allons voir quelles sont les MALADIES justiciables de ce traitement, mais, pour que ce travail ne soit pas inutile, il ne faudra jamais perdre de vue que, si le jeûne est indiqué dans telle ou telle affection, il l’est tour aussi bien que le malade soit gros, maigre, vieux ou jeune, fatigué ou non.

Je sais que ces assertions ont quelque chose de révolutionnaire pour celui qui ne connaît pas la question, et c’est justement pour cette raison que j’ai insisté. Encore une fois, même si ces affirmations peuvent paraître choquantes, même si les explications, si la théorie, ne semblent pas convaincantes, il ne faut pas oublier qu’elles n’ont qu’une importance très secondaire devant les FAITS, c’est-à-dire devant les observations de malades, qui, elles, sont indiscutables. Comme l’a écrit BERTHELOT « Dans la construction de cette pyramide de la science, toutes les assises, de la base au sommet, reposent sur l’observation et l’expérience. C’est un des principes de la science positive qu’aucune réalité ne peut être établie par le raisonnement seul. »

 

CHAPITRE Il

 

LES INDICATIONS CLINIQUES DU JEUNE

 1. — APPAREIL DIGESTIF

Nous commencerons cette étude par les affections de l’appareil digestif, parce que c’est lui qui est intéressé en premier lieu par l’action du Jeûne.

 Chacun comprend facilement qu’en mettant au repos complet les organes digestifs, ou, comme le dit d’une façon plus imagée le Docteur BERTHOLET en leur accordant une « cure de chaise longue », ceux-ci ne peuvent que s’en trouver mieux et en retirer le plus grand bénéfice, au même titre que lorsqu’un membre est exagérément fatigué, après un effort trop prolongé par exemple, nous le mettons instinctivement au repos. Or, les affections digestives sont, la plupart du temps, dues à un surmenage des divers organes de cet appareil, soit par excès alimentaires trop souvent répétés, soit plus simplement par suite d’une alimentation déséquilibrée, non rationnelle, soit par absorption de médicaments, car même les plus anodins en apparence, telle que l’aspirine, sont nocifs.

 Que se passe-t-il dans la pratique, lorsque nous souffrons de troubles digestifs ? L’appétit a disparu ? Prenons un dérivé arsenical. Nous avons des aigreurs d’estomac, nous les soulagerons par du bicarbonate de soude. Des selles diarrhéiques ? Le bismuth sera là pour tout arrêter. De la constipation ? Dans ce cas, nous n’aurons que l’embarras du choix entre 190 médicaments, laxatifs ou purgatifs, qui nous débarrasseront de cet inconvénient. Et si cette malheureuse vésicule biliaire s’avisait de nous donner des douleurs, la liste des antispasmodiques, bromurés ou non, est assez longue.

J’arrête là cette énumération fastidieuse, qui pourrait être prolongée sans difficulté, et nous allons passer en revue les affections de l’appareil digestif susceptibles d’être traitées efficacement par le Jeûne et la Naturopathie.

Comme chacun sait, l’appareil digestif commence à la bouche et se termine à l’anus. Nous serons donc amenés à étudier les affections de la bouche, de l’œsophage, de l’estomac, des intestins, mais aussi du foie et des voies biliaires, du pancréas.

Les glossires (irritations de la langue), les gingivites, les aphtes, ne sont la plupart du temps — je mets naturellement à part les causes exogènes — que des symptômes d’une maladie générale ou d’un dysfonctionnement d’un organe digestif plus profond, et le Jeûne agit remarquablement bien dans ces affections.

Il en est de même dans les maladies de l’œsophage :

hyperacidité, ulcérations, spasmes.

 Au niveau de l’estomac, les affections dans lesquelles le Jeûne agit très bien sont les suivantes : l’aérophagie, les gastrites, les ulcères gastriques ou duodénaux, les ptoses ou « descentes d’estomac ».

Dans ce dernier cas, il faut bien souligner qu’en fait l’estomac ne descend pas, car l’entrée de cet organe, appelée anatomiquement le cardia, reste toujours au même endroit. Il s’agit, en réalité d’un étirement de l’estomac, dont les fibres se laissent distendre, ce qui aboutir à un abaissement du bas-fond.

 Pendant les cures de Jeûne, ces fibres reprennent une meilleure tonicité, et le fond de l’estomac « remonte ». C’est d’ailleurs ce que veulent dire les gens simples en parlant de quelqu’un qui a « l’estomac rétréci, à force de ne pas manger ».

  Pour les ulcères, il faut savoir que l’évolution normale de cette affection, même non soignée, est cyclique, c’est-à-dire que la poussée douloureuse reparaît périodiquement, et disparaît de même, alors que les examens radiologiques montrent que l’ulcère est toujours présent. Quand je parle de guérison d’ulcère par le Jeûne, je veux dire qu’elle est non seulement clinique, mais aussi radiologique.

Les intestins répondent aussi parfaitement à l’action d’une cure de Jeûne, qu’il s’agisse de colite banale, d’entérocolite, de dysenterie, amibienne ou non, ainsi que de leurs séquelles, de parasitoses, de typhlite (ou appendicite chronique), de sigmoïdite, de diarrhée chronique comme de constipation opiniâtre.

 Le jeûne, en effet, rétablit le milieu intestinal en l’acidifiant, ce qui permet un développement normal des micro-organismes indispensables (tels que le bacille lactique par exemple), qui empêchent, du même coup, la pullulation de certains germes nocifs, comme ceux de la putréfaction, responsables de toute une catégorie de ballonnements et de flatulences.

 En outre, le Jeûne permet la cicatrisation de la muqueuse intestinale irritée ou ulcérée, et les purgations ou lavements prodigués pendant la cure, facilitent l’évacuation de matières fécales souvent très anciennes, qui stagnaient dans l’intestin depuis des années, tapissant la muqueuse et l’empêchant de remplir son rôle d’assimilation. C’est ainsi qu’il m’est arrivé fréquemment de voir des malades évacuer, le quinzième jour ou le vingtième jour de jeûne, de gros morceaux de matières fécales solides, sèches et dures, alors que jusque-là les purgations ne ramenaient que du liquide plus ou moins coloré. C’est ce qu’exprime un malade que ce fait a étonné : « Votre Corps Médical sait-il que 21 jours de jeûne, comprenant une purgation tous les trois jours et l’absorption de nombreuses tisanes, ne sont pas suffisants pour débarrasser l’intestin de tous ses résidus ? Dans le cas considéré, en effet, il y a eu encore évacuation de matières fécales solides le 21e jour ! C’est incroyable, ahurissant ! ... ».

La médecine a donné des noms spéciaux aux affections du rectum ou de l’anus : hémorroïdes, recrires, fissures ou fistules anales, etc..., mais elles rentrent en fait dans les manifestations pathologiques de l’intestin, dont elles affectent la partie terminale, et c’est pourquoi le Jeûne les guérit comme il guérit les autres parties de cet organe digestif, par son action décongestionnante.

La vésicule biliaire est un organe digestif qui est responsable de ce qu’on nomme communément les « crises de foie ». Qu’il s’agisse de lithiase (calculs de la vésicule), de spasmes, ou d’inflammation (cholécystite inflammatoire), on peut être certain qu’une cure de jeûne bien conduite donnera le meilleur résultat. Certes, dans les cas de lithiase, le jeûne ne fera pas forcément disparaître les calculs (lorsque ceux-ci ont un volume tel qu’ils ne pourraient matériellement passer par les canaux biliaires, car lorsqu’ils ne sont pas trop gros, on assiste, pendant et après la cure, à des éliminations de calculs, quelquefois très importantes), mais le malade, tout en conservant ses « pierres » se verra débarrassé des crises douloureuses.

 En effet, celles-ci ne sont pas provoquées uniquement, comme on le croit généralement, par la présence de calculs, mais plutôt par l’irritation de la vésicule. Cette irritation est due à la stagnation de la bile qui a ainsi tendance à s’enflammer, d’où des spasmes entraînant l’essai d’évacuation d’un ou plusieurs calculs.

 Cela est prouvé par le fait que beaucoup de malades auxquels on a enlevé la vésicule biliaire ont quand même des « crises de foie », bien qu’ils n’aient évidemment plus de calculs, et également par le fait qu’il n’est pas rare de découvrir des calculs, quelquefois très volumineux, chez des malades n’ayant jamais eu la moindre douleur hépatique ou vésiculaire, à l’occasion par exemple, d’une radiographie de la colonne vertébrale. Ce dernier fait, que j’ai constaté plusieurs fois, ne peut avoir qu’une seule explication : malgré la présence de calculs, la vésicule biliaire a conservé un fonctionnement normal, c’est-à-dire une évacuation régulière de la bile, et, n’étant donc pas enflammée, ne provoque aucune douleur.

 On comprend donc qu’en décongestionnant les voies biliaires, le Jeûne puisse supprimer les crises douloureuses.

 Je ne m’étendrai pas ici sur les affections du pancréas, car cet organe, s’il joue effectivement un rôle important dans le fonctionnement digestif, ne traduit pas sa souffrance par des symptômes très précis ni très spéciaux. De plus, nous ne disposons que de peu de moyens d’investigation le concernant, si bien que sans le savoir, par le Jeûne, des affections digestives dans lesquelles le pancréas est en cause.

 Dans la pratique, le pancréas est surtout responsable du diabète, mais ce sujet sera étudié dans le chapitre des contre-indications du Jeûne.

 C’est à dessein que j’ai gardé les affections hépatiques pour la fin de ce chapitre, car le foie, outre son action dans la digestion, est un organe qui joue un rôle capital dans l’organisme. Les fonctions hépatiques que nous connaissons d’une matière précise sont très nombreuses, mais nous sommes loin de les connaître toutes, et elles sont certainement beaucoup plus nombreuses et variées que nous ne le pensons. Certaines sont à peine devinées, entrevues, à l’heure actuelle, et leur mécanisme intime n’est pas prêt d’être élucidé, tant il est complexe. Comme le dit le Professeur FAUVERT, dans l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale : « Quand on entreprend l’étude de la physiologie du foie on est, au premier abord, saisi d’étonnement et de perplexité devant l’importance et la multiplicité des fonctions attribuées à l’organe que le Professeur ROGER a si bien nommé :

le laboratoire central de l’organisme. On est d’autant plus étonné que l’étude histologique d’un organe à la vérité important par sa masse, mais uniforme par sa structure cellulaire, ne laissait pas pressentir une telle diversité d’aptitudes fonctionnelles et d’activités biochimiques, apparemment sans lien entre elles.

Pour ne citer que les principales, et sans entrer dans l’étude de leur mécanisme, le foie joue un rôle important dans : la sécrétion de la bile, c’est-à-dire des pigments et des sels biliaires, du cholestérol, dans la régulation du taux de sucre dans le sang, dans le métabolisme des glucides, des protides (synthèse et désintégration), des lipides ou graisses (absorption, dégradation des acides gras, synthèse des graisses et leur transport dans l’organisme), dans le métabolisme des éléments minéraux : sodium, potassium, phosphore, soufre, fer (d’où son rôle dans l’anémie), cuivre, manganèse, zinc, cobalt, etc..., dans le métabolisme des vitamines, des hormones (sexuelles, thyroïdiennes, hypophysaires, pancréatiques, etc...), dans la coagulation sanguine, dans la défense antitoxique générale, dans la thermo-génèse ou régulation thermique de l’organisme, etc...

 On peut dire que, contrairement à ce que pensent la plupart des profanes, le foie est un organe bien plus important que le cœur.

Il est bien évident que le Jeûne, en mettant cet organe primordial au repos, en permettant à chaque cellule hépatique de se décrasser, d’éliminer, rend à chacune de ces cellules, donc au foie lui-même, une nouvelle jeunesse, et, par l’intermédiaire du foie, une nouvelle jeunesse à tout l’organisme. Le bienfait ne se fera pas sentir uniquement sur les troubles hépatiques, ni même sur les troubles digestifs seulement, mais sur l’ensemble des troubles ressentis par le malade.

En parlant de nouvelle jeunesse rendue à la cellule, il ne faut pas croire que ce soit une exagération. CARREL a bien prouvé qu’une cellule vivante ne vieillit pas et peut vivre indéfiniment, si le milieu dans lequel elle se trouve reste adéquat en permanence ou si on renouvelle ce milieu. Or, le Jeûne ne fait pas autre chose que renouveler le milieu qui baigne nos cellules.

Les affections hépatiques sont de plus en plus fréquentes de nos jours, et le nombre de malades présentant des tests hépatiques perturbés est si grand que cette analyse biologique est devenue presque systématique à la Clinique du Belvédère. Et comment en serait-il autrement quand on sait que tous nos aliments sont falsifiés, soit dans leur culture (engrais chimiques, insecticides, animaux nourris avec des « aliments » artificiels), soit pour leur conservation, soit pour leur présentation (colorants), quand on connaît la débauche incroyable de médicaments chimiques, plus nocifs les uns que les autres, et que tout le monde avale pourtant sans arrière-pensée, sans penser surtout que le foie devra les assimiler, puis les éliminer, si toutefois il le peut ? Il faut bien chercher là les raisons de ces cirrhoses qui surviennent chez des malades qui n’ont jamais bu d’alcool ni de vin :

le médicamentisme est en voie de remplacer l’alcoolisme.

 Le Jeûne agit aussi bien dans les cirrhoses que dans la simple insuffisance hépatique courante, tout en sachant bien que le Jeûne ne saurait faire de miracles, et qu’il ne peut guérir une cirrhose arrivée au stade terminal de décompensation, ni un cirrhoïque qui continuerait à boire sa ration alcoolique habituelle ou à absorber des médicaments toxiques.

2. — APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE

Nous avons à considérer dans l’étude de cet appareil les affections intéressant le cœur, les artères, les veines et les capillaires, ces minuscules vaisseaux, situés aux extrémités, entre les terminaisons des artères et le début du système veineux. Le Jeûne agit remarquablement bien dans toutes ces affections.

Parmi les affections cardiaques, j’ai eu l’occasion de faire jeûner des malades atteintes d’insuffisance mitrale, de rétrécissements mitraux, d’arythmie, de fibrillo-flutter, de séquelles d’infarctus du myocarde, d’angines de poitrine, etc...

Tous ces malades sont habituellement considérés comme des « colis fragiles », et pourtant, non seulement ils ont toujours bien supporté 21 ou même 30 jours de jeûne, mais ils s’en sont toujours bien trouvés par la suite, c’est-à-dire qu’ils ont vu tout ou partie de leurs troubles anciens disparaître, notamment les douleurs, dyspnées d’effort, essoufflements ou oppression. Naturellement, il ne faut pas espérer guérir un cardiaque qui en est arrivé au stade de décompensation complète, mais, parce que j’ai vu « ressusciter » des malades condamnés par les cardiologues, ainsi que nous le verrons dans les observations concernant ce chapitre, je suis en droit de dire que, même dans un cas désespéré, on peut essayer la cure de jeûne : s’il est trop tard, si le cas est réellement trop avancé, le jeûne ne sauvera pas le malade (mais rien ne l’aurait sauvé de toutes façons), tandis que s’il y a une petite chance on ne pourra la trouver que dans cette thérapeutique, puisque les autres traitements classiques ne donnent plus de résultat.

Les bienfaits du Jeûne s’expliquent certainement par le fait qu’en général, et malgré les apparences, l’affection cardiaque n’est pas une cause, mais seulement la conséquence d’autres troubles plus profonds, notamment hépatiques ou sanguins, et qu’en soulageant ces troubles on soulage le cœur.

Par exemple, si l’on découvre un foie trop gros chez un cardiaque, on pense ipso facto que l’augmentation de volume du foie est due à des phénomènes congestifs par suite de l’insuffisance cardiaque. En réalité, c’est souvent l’inverse, c’est-à-dire que c’est le foie, congestionné parce qu’intoxiqué, qui provoque un surmenage du cœur. S’il n’en était pas ainsi, comment expliquer que le Jeûne, qui agit évidemment d’abord sur le foie, fasse disparaître à la fois les troubles du foie et ceux du cœur ?

De plus, pendant la cure de Jeûne, il se produit toujours un ralentissement du rythme cardiaque, par suite sans doute de la mise en veilleuse de nombreuses fonctions et notamment des fonctions digestives. Or, le cœur est un muscle et, comme tout muscle, il ne peut que se trouver bien de cette mise au repos.

 Nous avons donc, par le Jeûne, une action sur le myocarde (le muscle cardiaque) sur la nutrition de ce muscle par action sur les artères coronaires, mais aussi sur l’endocarde. En effet, le Jeûne lutte contre la sclérose tissulaire, et il m’est arrivé de ne plus entendre, pendant toute la durée de la cure de jeûne, des souffles de rétrécissement mitraux qui étaient très prononcés avant la cure. Certes, ils ne disparaissaient pas complètement, et reviennent après la cure, mais sont toujours atténués.

 En ce qui concerne les affections artérielles, on obtiendra d’excellents résultats sur les claudications intermittentes ainsi que sur les artérites déclarées, à condition toutefois que celles-ci ne soient pas arrivées au stade ultime où seule l’amputation permet de gagner du temps. Toutes les manifestations de l’artériosclérose sont justiciables de la cure de Jeûne, mais nous les étudierons plus en détail ultérieurement dans un chapitre consacré à l’hémogliase.

L’hypertension artérielle est un succès de cette thérapeutique : je n’ai pas encore vu un seul cas d’hypertension résister à une cure de Jeûne suffisamment longue, et les résultats se sont toujours maintenus par la suite pour peu que le malade veuille bien suivre le régime conseillé après la cure.

Dans les affections d’origine veineuse, le Jeûne donne des résultats constants, aussi bien dans les simples lourdeurs de jambes que dans les crampes, varices douloureuses, les œdèmes veineux, les eczémas variqueux, les ulcères variqueux, les séquelles de phlébites, etc...

Les capillaires sanguins sont des vaisseaux de très petite taille, de quelques millièmes de millimètre, intercalés entre les branches terminales des artères et le début des veines. Leur rôle très important, non seulement dans la circulation du sang, mais aussi dans les différents métabolismes, n’a été élucidé — et seulement en partie — que récemment. Le Professeur HOUSSET écrit :

« La perméabilité capillaire, en permettant les échanges entre le sang circulant et les tissus, apparaît comme le facteur le plus important du contrôle de l’hémostase. Ainsi on peut dire, à juste titre, que les capillaires représentent la partie la plus importante du système circulatoire, le cœur et les autres vaisseaux ayant pour seule raison d’être, de permettre au capillaire de fonctionner harmonieusement. L’exploration du capillaire comporte donc un intérêt considérable. LA PLUPART DES GRANDES FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES, TOUS LES PHÉNOMÈNES DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE, NÉCESSITENT, POUR ETRE BIEN COMPRIS, UNE ÉTUDE DU SYSTÈME CAPILLAIRE ».

 C’est certainement au niveau des capillaires, par suite du ralentissement de la circulation sanguine due à la dimension extrêmement réduite de leur calibre, que se déposent le plus facilement les toxines de toute nature. Or, les capillaires sont des membranes hémi-perméables, c’est-à-dire qui permettent, par osmose, des échanges entre le sang et les cellules. Donc, si les capillaires sont surchargés de toxines, celles-ci gêneront le fonctionnement cellulaire. Inversement, les cellules déversent leur toxines, lorsqu’elles éliminent (par exemple pendant une cure de jeûne), directement dans ces capillaires. D’où la nécessité, en tout temps, mais encore davantage pendant le jeûne, d’agir sur ces capillaires de façon à accélérer la circulation sanguine à leur niveau pour que les toxines ne puissent y stagner. C’est là le but des thérapeutiques naturelles que l’on adjoint au Jeûne, et dont on comprend ainsi la nécessité. Nous étudierons ces thérapeutiques complémentaires dans un chapitre spécial.

 Dans le chapitre consacré aux affections de l’appareil digestif, j’ai dit que l’action salutaire du Jeûne pouvait s’expliquer par la « remise en état », du foie, cet organe si important de par ses nombreuses fonctions. Il est bien certain également, et très compréhensible, que le nettoyage du sang, obtenu, soit directement par action sur les capillaires, soit indirectement par action sur le foie, joue un très grand rôle dans l’amélioration qui suit les cures de Jeûne. En effet le sang baigne tout notre organisme, et plus ce liquide nourricier et aussi vecteur des forces essentielles — est propre et riche, mieux chacune de nos cellules pourra remplir sa fonction, quel que soit l’endroit de l’organisme où elle se trouve, quel que soit l’organe dont elle fait partie (Voir observations).

3. — HÉMOGLIASE

J’ai isolé l’étude de l’hémogliase du chapitre des affections cardio-vasculaires parce que, si ce syndrome s’apparente avec l’artériosclérose, il s’en distingue néanmoins par certaines caractéristiques nettes que nous allons étudier.

Isolé par le Docteur de LAREBEYRETTE, ce syndrome est extrêmement important, et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai tenu à lui consacrer un chapitre spécial, mais c’est aussi pour faire connaître mon expérience en ce qui concerne son traitement par le Jeûne, car à ma connaissance, cette question n’a jamais été traitée jusqu’à maintenant.

Il est pour le moins curieux de constater qu’alors que, depuis des dizaines d’années, les végétariens préconisaient la suppression du pain blanc et son remplacement par le pain complet, et seraient de ce fait, considérés comme des illuminés, un médecin, praticien tout a fait orthodoxe et non suspect d’idées « déviationnistes », le Docteur de LREBEYRETTE, a décrit un nouveau syndrome qu’il a baptisé HEMOGLIASE, bien caractérisé par les symptômes et les perturbations biologiques qu’il provoque, et le Docteur de LAREBEYRETTE écrit : « Il se dégage grossièrement la conclusion provisoire suivante : plus la farine est blutée, plus elle est facteur d’hémogliase ». Autrement dit, les recherches modernes viennent confirmer ce que l’expérience des diététiciens avaient découvert depuis des années, et, une fois de plus, nous devons constater avec regret que l’on a tort de nier les faits sous prétexte qu’on ne sait pas les expliquer, car souvent la théorie qui les confirme ne voit le jour que longtemps après la constatation de ces faits.

Qu’est-ce que l’hémogliase ? Elle se caractérise, d’une part, d’après le Docteur de LAREBEYRETTE, par des signes cliniques, d’autre part par des signes humoraux.

Les signes cliniques fondamentaux sont :

 l ° Des céphalées diurnes profondes, de la nuque et de la région occipitale (depuis quelques heures par jour à la journée entière), puis survenant la nuit, aggravées par l’effort intellectuel et les repas.

2° Des somnolences post-prandiales, peu à peu aggravées d’éclipses vertigineuses brèves, sources fréquentes d’accidents de conduite automobile, de noyades et de chutes du haut d’un échafaudage.

3° D’impression de ralentissement idéatoire, dégoût de la réflexion, troubles caractériels, irritabilité, allant jusqu’à la confusion mentale, ou au suicide au cours d’un état psycho-dépressif.

4° De dyspepsie flatulente, allant jusqu’à la gastrite acide, à horaire tardif — simulant l’ulcus duodénal ou les pancréatites chroniques exocrines ; la plexite cœliaque est presque constante.

5° De diminution de l’activité sexuelle jusqu’à disparition du désir génésique.

6° De fragilité capillaire, contrôlée à l’Angio-Stéro-mètre de Parror (rupture et pétéchies) après 30 secondes de dépression à 30 cm d’eau.

7° D’hypotension à 10-4, 9-3, qui est presque de règle.

8° De signes ophtalmiques : aspect de capillarose spéciale du fond de l’œil et tension très basse de l’artère centrale de la rétine.

Les signes humoraux fondamentaux sont :

1° Une hyperviscosité du sang : elle monte de 4,8 à 7,8 dans les cas extrêmes d’hémogliase, alors que la normale se situe entre 3,8 et 4,3 au viscosimètre de HESS.

2° Un ralentissement circulatoire mesuré par le test au Dychollium.

 3° Des tests électro-biochimiques, essentiellement représentés par « la fiche réticulo-endothéliale » qui permet de déceler une augmentation élective spécifique isolée du taux de précipitation de I’EUGLOBULINE ALPHA 2, allant du double au décuple du taux d’opacité photométrique habituel.

Lorsque l’hémogliase est extrême, et voisine des accidents aigus et graves, on constate une élévation du taux de potassium sanguin.

Le Docteur de LAREBEYRETTE poursuit : « l’hémogliase est si répandue que chaque praticien la rencontre au moins une fois par jour, et son dépistage lui en sera facilité par l’analyse suivante de ses formes cliniques :

« LE CARDIOLOGUE va s’apercevoir rapidement que 60 % au moins des séquelles d’infarctus qu’il traite (chez l’homme de moins de 65 ans non athéroînateux) présentent les signes humoraux de l’hémogliase. Il saura dorénavant en prévenir presque à tous coups les récidives et en protéger l’immense cohorte des pléthoriques non athéromateux, non hypertendus, qui viennent le consulter pour somnolence, dyspnées ou précordialgies post-prandiales.

« LE GASTROENTEROLOGUE, souvent bien embarrassé devant les dyspepsies flatulentes, les petits angors digestifs, les somnolences post-prandiales du pléthorique hypotendu, va se trouver devant une situation analogue a celle du cardiologue, avec l’avantage supplémentaire de voir, en général, des malades qui, précisément, n’ont pas encore fait l’accident vasculaire.

« L’OPHTALMOLOGISTE leur sera à tous d’un précieux recours, car l’examen du fond d’œil est très souvent révélateur, et ce spécialiste va se trouver à un carrefour d’un exceptionnel intérêt, car il pourra aussi bien confirmer un diagnostic d’hémogliase que prévenir les médecins, chirurgiens (et surtout les neurochirurgiens) d’une hémogliase capable de simuler d’autres maladies ou de compliquer une intervention.

« LES PSYCHIATRES pourront déceler l’hémogliase chez les Presbiophrènes, lesquels sont souvent internés pour cette affection qui guérir pourtant par des procédés thérapeutiques exclusivement non psychiatriques.

« LES CHIRURGIENS connaissant l’existence de ce syndrome, comprendront immédiatement que le stress opératoire est une des causes les plus fréquentes d’accident apoplectiforme ou infarctoïde chez les hémogliasiques QUI AVAIENT POURTANT DES TESTS DE PROTHROMBINE ET HÉPARINE NORMAUX, et ils pourront prévenir ces accidents.

« D’autre part, les CONSULTANTS auront souvent a faire le débrouillage d’une hémogliase plus ou moins associée, simulant des affections hépatiques, rénales, digestives, athéromateuses, endocriniennes ».

Lorsqu’il n’est pas convenablement traité, ce syndrome d’hémogliase aboutit à des phénomènes de sénescence précoce, de vieillissement prématuré, ou bien, à l’occasion d’un stress plus ou moins sévère tel que :

variation barométrique, émotion, repas abondant, intervention chirurgicale, maladie infectieuse (une grippe banale peut suffire), intoxication (abus d’alcool par exemple), bain froid, etc..., l’affection se terminera par un accident aigu et dramatique tel que : œdème aigu du poumon, ramollissement cérébral, infarctus du myocarde, pancréatite hémorragique, hémorragie cérébrale ou intestinale, ou méningée, etc...

Le Docteur de LAREBEYRETTE insiste sur le fait que l’hémogliase TUE PRATIQUEMENT 20 % DE L’HUMANITÉ MASCULINE AVANT 70 ANS. Il ajoute qu’elle semble plus répandue et plus dangereuse que la tuberculose par exemple.

On conçoit donc toute l’importance qu’il y a, pour les praticiens, à supprimer radicalement, chez leurs malades, toute ingestion de pain blanc, non seulement quand les symptômes de l’hémogliase sont déjà présents, mais même à titre préventif.

Le Docteur de LAREBEYRETTE insiste évidemment sur ce point, en ce qui concerne le traitement de l’hémogliase, mais aussi sur des thérapeutiques hormonales et tissulaires qu’il considère comme indispensables pour faire régresser les signes cliniques humoraux.

Or, j’ai pu constater et contrôler, par des examens avant et après les cures, que le Jeûne, SANS THÉRAPEUTIQUE HORMONALE NI TISSULAIRE, aboutit également à la disparition du syndrome d’hémogliase. Le maintien de cette guérison ne dépend que du malade, qui doit naturellement respecter après la cure, des principes alimentaires indispensables.

On est donc amené à faire la remarque suivante :

puisque la médecine allopathique doit avoir recours à des hormones pour guérir cette redoutable affection, et puisque le Jeûne donne le même résultat sans aucun médicament, n’est-on pas en droit d’en déduire que le Jeûne possède une action hormonale ? En tout cas, pour employer un langage plus scientifique, on est en droit de dire que « tout se passe comme si » le Jeûne avait une action hormonale, que nous retrouverons d’ailleurs lorsque nous étudierons les affections de l’appareil génital de la femme.

Cette action hormonale peur s’expliquer déjà par la désintoxication du foie qui possède, nous le savons, un rôle de régulation hormonale bien établi, ainsi que par la purification du sang, véhicule des hormones, mais je crois que l’on peut envisager une action directe du Jeûne sur les glandes endocrines, et donc une régulation de leurs sécrétions internes (Voir observations) .

4. — APPAREIL PULMONAIRE

Il est classique de séparer les affections de l’appareil pulmonaire, c’est-à-dire de considérer à part celles qui concernent les voies aériennes supérieures de celles qui concernent plus directement les poumons, les plèvres et les bronches.

Cette distinction est logique et n’est pas justifiée seulement par une plus grande facilité d’étude. En effet, très souvent les affections des voies aériennes supérieures ne sont que des crises d’élimination de toxines. Les muqueuses qui tapissent tout le cavum (amygdales, nez, sinus, oreilles, larynx) représentent, vu la multitude des replis de ces muqueuses, une surface proportionnellement énorme qui permet une élimination considérable. Et l’origine réelle de ces affections est la plupart du temps beaucoup plus profonde, hépatique ou intestinale en général. Cela se comprend d’ailleurs assez facilement lorsque l’on sait que, embryologiquement et histologiquement, les muqueuses intestinales (notamment l’appendice) et les muqueuses des voies aériennes supérieures sont identiques (notamment les amygdales et le tissu lymphoïde qui compose ce qu’on appelle communément les végétations) .

Cette notion est capitale : l’organisme emprunte ces voies d’élimination lorsque les voies naturelles sont insuffisantes, et c’est bien souvent une grave erreur de traiter une angine ou une rhinite par des topiques quelconques (gouttes nasales, badigeonnages chimiques, sulfamides ou antibiotiques) qui, s’ils « guérissent » apparemment l’affection en cause, ne font en réalité que refouler ces toxines plus profondément. Que se passe-t-il alors ? C’est très simple : au bout de quelques temps, l’organisme essaie de nouveau d’éliminer par ces mêmes voies, et l’on assiste à ces amygdalites récidivantes ou a ces rhinopharyngites à répétition qui font le désespoir des parents, qui conduisent à l’ablation des végétations et des amygdales, aux ponctions des sinus, aux paracentèses, etc..., puis, quand la porte est définitivement bouchée par ces thérapeutiques violentes et traumatisantes, on aboutit à des affections beaucoup plus graves et tenaces, telles que des bronchites chroniques, des dilatations des bronches, de l’asthme, ou même à un transfert sur un autre appareil, par exemple une néphrite, de l’eczéma, des rhumatismes, etc...

Quand on a cette notion bien présente dans l’esprit, on conçoit plus facilement que le Jeûne, avec les purgations et les thérapeutiques complémentaires qui aident l’élimination par les voies naturelles, ait une action brillante dans ces sortes d’affections des voies aériennes supérieures : sinusite (aiguë ou chronique), coryza aigu, chronique ou spasmodique (aussi appelé rhume des foins), otites, amygdalites, angines, laryngites, trachéites, etc...

En ce qui concerne les affections respiratoires plus profondes, c’est-à-dire des bronches, des poumons, ou de plèvres, on comprend, d’après ce qui vient d’être dit, que le Jeûne soit efficace, puisque ces affections ne sont qu’un stade plus avancé des précédentes, mais, puisqu’elles sont plus anciennes, il faudra envisager des Cures plus longues ou même plusieurs cures pour en venir à bout.

Dans ces affections, justiciables du Jeûne, on peut ranger : les bronchites (aiguës ou chroniques), les dilatations des bronches, la sclérose des bronches ou emphysème, les pneumonies ou les congestions pulmonaires, les pleurésies ou les pleurites, etc..., et enfin l’asthme qui est une des affections où le Jeûne donne les résultats les plus spectaculaires. En effet, le pourcentage de succès par le Jeûne approche des 100 %, dans cette dernière affection (voir statistiques page 187) .

5. — APPAREIL URINAIRE

Dans la première édition de ce livre, j’avais réuni dans un même chapitre les affections de l’appareil urinaire et celles de l’appareil génital, en invoquant le fait que, dans la pratique, elles sont souvent concomitantes. C’est ainsi par exemple, que l’on voit fréquemment une métrite provoquer une cystite, ou vice-versa, une cystite se compliquer d’une vaginite.

Si je sépare cette fois ces deux chapitres, ce n’est pas que je pense que ce raisonnement était faux, au contraire, mais je dois reconnaître que, pour une étude plus approfondie il est préférable de séparer les sujets, même si cette façon de faire est un peu trop théorique. D’ailleurs, si on considérait séparément ce qui se passe lorsqu’un organisme est malade, on serait obligé de n’étudier aucun appareil, puisqu’en fait tout se tient et que si, en apparence, un seul appareil est atteint, en réalité c’est tout l’organisme qui est en cause, plus ou moins profondément.

L’appareil urinaire se compose essentiellement des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre, auxquels on peut rattacher, chez l’homme, la prostate. Très schématiquement, les affections de ces organes peuvent être d’origine mécanique, métabolique, infectieuse ou dues à des néoformations bénignes ou malignes. Nous n’étudierons pas ici les affections malignes, c’est-à-dire cancéreuses, un chapitre spécial sera consacré à l’étude de l’action du Jeûne et des traitements naturels dans le Cancer quelle que soit sa localisation.

Les néoformations bénignes se traduiront principalement par l’apparition de troubles urinaires de symptomatologie vésicale, dus à l’existence de polypes ou de papillomes dans la vessie. Le Jeûne fait disparaître ou au moins régresser, ces néoformations dans des proportions suffisantes pour qu’elles ne puissent plus provoquer aucun trouble, de même d’ailleurs qu’il agit sur toutes les néoformations bénignes.

Les affections d’origine infectieuse peuvent toucher tous les étages de l’appareil urinaire, isolément ou en totalité. Nous aurons alors à envisager les néphrites, les pyélonéphrites, les urétérites, les cystites, les urétrites. La nature même de ces infections peut être variable, et l’examen bactériologique peut mettre en évidence n importe quel germe, depuis le plus banal jusqu’au Bacille de Koch.

Il faut noter cependant que les plus fréquemment rencontrés sont le colibacille et l’entérocoque. On connaît bien maintenant l’existence et la fréquence de ce « cycle entéro-rénal », dû le plus souvent à la constipation qui permet une pullulation anormale de ces germes dans l’intestin, et leur élimination par les reins. Or, le Jeûne entraîne une acidification très forte et très rapide des urines, et ce fait combat efficacement le développement des germes, développement qui ne peut se faire qu’en milieu alcalin.

En outre, nous voyons, une fois de plus, que trop souvent le problème est pris à l’envers : les reins sont des organes d’élimination et l’organisme emprunte cette voie pour se débarrasser des microbes qui infectaient un organe plus profond. Il ne sert donc à rien de « matraquer » l’appareil urinaire — et donc l’organisme — à grand renfort d’antibiotiques : il est de beaucoup préférable d’aider cette élimination, ou cet essai d’élimination, par tous les moyens naturels dont nous disposons.

Les affections d’origine métabolique se traduiront surtout par les si douloureuses crises de coliques néphrétiques, dues à la LITHIASE, c’est-à-dire à la présence de calculs. Cette lithiase, si elle est constituée seulement de sable, peut également donner des phénomènes de cystite ou d’urétrite. Il est bien évident que si la lithiase évolue jusqu’à la constitution de calculs volumineux, cela entraînera une gêne mécanique sur laquelle aussi le jeûne agira très bien. On obtient par cette thérapeutique l’expulsion de calculs, à condition bien entendu que leur volume n’ait pas atteint des proportions extrêmes. Dans de nombreux cas, le Jeûne permettra d’éviter une opération que l’on croit souvent, à tort, inévitable.

Une autre cause mécanique d’affection de l’appareil urinaire est constituée par les troubles de la prostate :

adénome banal ou prostatite. Lorsque cette glande grossit ou s’enflamme, comme elle est traversée par l’urètre, elle comprime ce canal, et la vessie ne peut plus se vider convenablement, ce qui entraîne souvent une dilatation des uretères et des reins, ainsi que des phénomènes, douloureux d’abord, puis infectieux, au niveau de la vessie. Le Jeûne décongestionne très bien la prostate et l’on obtient d’excellents résultats dans cette affection si fréquente.

En dehors de toutes ces affections, bien cataloguées, de l’appareil urinaire, il existe un nombre considérable de malades qui sont atteints de troubles de cet appareil et l’ignorent complètement. Il s’agit des « insuffisants rénaux ». On connaît bien les insuffisants hépatiques, qui ne sont pas des malades graves, mais qui présentent toute une série de petites misères continuelles et très variées, tandis qu’on ne parle pas des insuffisants rénaux, qui sont pourtant légion. Ce sont des malades qui urinent insuffisamment par rapport aux quantités de boissons absorbées. On ne s’en aperçoit d’ailleurs qu’en mesurant les boissons et les urines, car le malade n’ayant jamais fait cette expérience avait jusqu’alors l’impression de bien uriner. C’est le cas de tous ces malades hydrogénoïdes, notamment, c’est-à-dire faisant de la rétention aqueuse qui provoque de la cellulite plus ou moins généralisée, voire même de l’obésité (Voir le premier chapitre) .

Naturellement, ces malades absorbent des diurétiques, de plus en plus à la mode de nos jours, pour maigrir ou faire disparaître la cellulite, sans se douter qu’en agissant ainsi ils entament sérieusement leur capital cellules rénales, si bien qu’au bout d’un certain temps, après un succès prometteur, ils sont obligés d’augmenter de plus en plus les doses de diurétiques pour obtenir des résultats de moins en moins satisfaisants. C’est alors que les cures de soif, dont j’ai parlé dans le chapitre consacré aux obèses, auront une action salutaire sur ces reins encrassés d’abord par une alimentation défectueuse, puis par les médicaments.

Certes ces dures cures de soif représentent un effort pour les reins, mais c’est un effort salutaire et non dangereux, même s’il se traduit, dans l’immédiat, par des phénomènes de cystite, dus tout simplement à l’hyper concentration des urines par suite du meilleur fonctionnement rénal. D’ailleurs le bon résultat des cures de soif se constate très rapidement, dès les premiers jours de la réalimentation, par le retour à une diurèse normale, à la condition toutefois, c’est évident, que l’on ait à faire à des cellules rénales seulement encrassées et non pas à des cellules déjà mortes (Voir observations) .

6. — APPAREIL GÉNITAL

« Tota mulier in utero » pensait-on autrefois. Si cette façon de voir est un peu trop simple, il n’en reste pas moins que les affections de la sphère génitale jouent un rôle considérable chez la femme, et que rares sont celles qui n’ont pas quelques troubles de ce côté. Les « pertes blanches » sont si courantes que de nombreuses femmes croient qu’il est normal d’en avoir.

En réalité ces leucorrhées peuvent être la signature d’une affection de l’utérus (métrite, ou cervicite, cancer du col de l’utérus), des ovaires ou des trompes (salpingite, annexite, etc...) et, dans ces cas, les autres symptômes et l’examen clinique, biologique et radiologique permet de faire le diagnostic exact.

Mais il faut savoir aussi que les pertes blanches ne sont souvent que des éliminations. L’organisme emploie cette voie de suppléance lorsque les émonctoires normaux sont devenus insuffisants, et il évacue de cette façon non seulement des toxines de l’appareil génital, mais également des toxines d’origine beaucoup plus lointaine, de l’appareil digestif par exemple dans les cas de constipation rebelle, ou de l’ensemble de l’organisme dans les cas de colibacillose.

On comprend alors qu’il faut être très prudent dans le traitement de ces fameuses pertes blanches, et quelle grossière erreur peut commettre un gynécologue qui pratique des électro-coagulations répétées sur le col utérin pour faire cesser certaines leucorrhées qui ne sont pas du tout infectieuses, car les toxines ainsi refoulées iront déclencher dans l’organisme des troubles plus profonds et souvent des symptomatologies totalement différentes, asthme ou eczéma par exemple, si bien que le rapprochement de cause à effet n’est pas toujours facile à établir.

Le Jeûne, au contraire, en favorisant l’évacuation de ces toxines, et en rétablissant le fonctionnement normal des autres émonctoires (foie, reins, peau) guérit ces affections, de même qu’il guérit les leucorrhées vraiment pathologiques citées en premier lieu : métrite, salpingite, annexite, etc...

En dehors des affections génitales d’origine infectieuse, les femmes présentent très fréquemment des troubles du cycle menstruel, soit en trop : règles trop abondantes ou trop rapprochées (ménorragies, métrorragies, pertes de sang au moment de l’ovulation), soit en moins : règles très espacées ou insuffisantes, voire même absentes. Les causes de ces dysménorrhées sont variables : kystes des ovaires, fibromes, cancers, infections banales, gonococciques ou tuberculeuses, ou dérèglement hormonal. Après une cure de Jeûne, tous ces troubles rentrent dans l’ordre, aussi bien les troubles par excès que par insuffisance (exception faite pour les troubles d’origine cancéreuse).

Chez l’homme, les affections de l’appareil génital sont moins fréquentes. Elles sont surtout d’origine infectieuse ou tumorale. Le Jeûne agit bien sur les infections génitales comme sur toutes les infections, quelles que soient les localisations — ainsi que sur leurs séquelles. En ce qui concerne les affections tumorales, bénignes ou malignes, un chapitre spécial leur est consacré, étudiant l’action du Jeûne dans ces cas spéciaux (Voir observations) .

7. — GLANDES ENDOCRINES

Les glandes endocrines jouent un rôle très important dans l’organisme. Bien que les fonctions de toutes les glandes endocrines ne soient pas encore complètement connues, on sait maintenant que certaines affections sont dues à un trouble bien précis de telle ou telle glande.

C’est ainsi que l’on peut mesurer avec assez de précision le fonctionnement de la glande thyroïde et que les troubles de cette glande peuvent provoquer différentes affections, depuis le myxœdème — (dû à une insuffisance) — jusqu’à la maladie de Basedow (due à un excès) . Mais on sait aussi que le dérèglement d’une glande endocrine entraîne toujours un dérèglement plus ou moins net des autres glandes endocrines. De plus il est établi également que l’hypophyse joue un rôle de régulateur, de coordination, d’état-major, qui règle le débit des autres glandes.

On voit donc que le problème est très complexe, et que la thérapeutique hormonale est une arme à double tranchant, car lorsque l’on administre des hormones à un malade sous prétexte qu’on a décelé un trouble de telle glande endocrine, si on a bien une action sur cette glande, non seulement on ne compense pas les troubles dus aux autres glandes endocrines qui étaient automatiquement en cause aussi, mais même on risque fort d’augmenter leurs perturbations par suite même de l’action qu’on obtient sur la première.

D’autre part, les quantités d’hormones secrétées par une glande sont infinitésimales, tandis que celles que l’en emploie en thérapeutique sont colossales, et ces actions brutalisent les glandes endocrines, provoquant des réactions incalculables, non seulement de la glande visée, mais aussi, par contre-coup, de toutes les autres glandes endocrines.

Pour bien s’en rendre compte, il n’est qu’à examiner les sujets qui reçoivent de la cortisone ou des dérivés cortisoniques à doses fortes et prolongées, comme cela est fréquent actuellement : les glandes génitales ne fonctionnent plus, la thyroïde ralentit et l’hypophyse se met en veilleuse, d’où obésité, œdèmes et psychisme ralenti.

On a vu déjà que le Jeûne a une action sur les glandes endocrines, en parlant des obésités, nous le verrons également à propos du diabète (l’insuline étant l’hormone secrétée par la glande endocrine pancréatique), mais je veux répéter ici que le Jeûne possède une action régulatrice des fonctions de toutes les glandes de façon plus ou moins apparente. Le chapitre précédent m’amène à préciser que le Jeûne agit bien sur l’impuissance masculine, comme sur la frigidité féminine. De même il a une grande action sur la stérilité.

La question qui se pose est de savoir si ce bon effet du Jeûne sur des troubles endocriniens est dû à une action directe sur l’hypophyse ou sur les glandes endocrines, ou à une action indirecte par l’intermédiaire du foie.

Pour ma part, je penche plutôt pour cette dernière hypothèse, car il est indiscutable que le foie joue un rôle primordial dans la répartition et le « stockage » des hormones. Ceci n’est peut-être qu’une vue de l’esprit, mais l’expérience clinique est là pour corroborer cette manière de voir, et j’ai eu l’occasion de discuter avec un confrère parisien, gynécologue distingué, qui m’avouait qu’il avait souvent constaté, au cours de sa longue pratique, ne pouvoir guérir réellement et définitivement certaines métrites rebelles, ou certaines dysménorrhées, qu’en soignant en même temps le foie de ces malades... (Voir observations) .

8. — SYSTÈME NERVEUX

Si notre époque actuelle voit une recrudescence considérable des affections cardio-vasculaires, il n’est pas moins vrai qu’il existe également une recrudescence des affections du système nerveux.

Ces affections, pour être moins dangereuses quant au pronostic vital, sont néanmoins très gênantes pour un grand nombre de malades qui voient ainsi leurs capacités diminuer dans de notables proportions, lorsque cela ne va pas jusqu’à l’arrêt complet et définitif de toute activité. Point n’est besoin de publier des statistiques pour vérifier cette recrudescence des affections du système nerveux; il n’est qu’à considérer le nombre sans cesse croissant de cliniques et maisons de santé réservées au traitement de ces maladies.

Les causes de cette recrudescence ont été soulignées maintes fois par de nombreux auteurs et il n’est pas nécessaire de s’étendre beaucoup sur celles-ci. Cependant, je pense qu’un rappel peut être indiqué.

En premier lieu, viennent certainement les soucis quotidiens dont chaque individu est plus ou moins assailli; ces soucis étant aussi bien particuliers que généraux. Il est certain que les difficultés de la vie actuelle entraînent, pour chacun, des préoccupations constantes, qui, en se répétant et en s’accumulant, viennent ébranler peu à peu le système nerveux et chacun sait que les microtraumatismes répétés peuvent être plus dangereux et plus néfastes qu’un seul gros choc.

De plus, la tension internationale permanente et les graves problèmes internationaux auxquels personne ne peut rester indifférent, contribuent, pour une large part, à accentuer cette dose quotidienne de soucis.

Par ailleurs, les horaires exigeants de la vie moderne, le nombre d’heures perdues en transport pour aller du lieu de travail à son domicile et vice-versa, font que chacun vit actuellement dans une surexcitation de tous les instants et dans une lutte perpétuelle contre la montre.

Mais il existe une cause beaucoup plus importante et que l’on pourrait étiqueter de façon générale sous le terme d’intoxication. Cette intoxication est tout d’abord d’origine alimentaire et elle est certainement capitale, car les erreurs répétées chaque jour à chaque repas, s’accumulent et augmentent considérablement le capital intoxication. Je ne puis détailler le nombre possible d’erreurs alimentaires commises, aussi bien par excès que par défaut.

Il n’est pas possible non plus, de négliger l’importance de l’intoxication médicamenteuse car la débauche pharmaceutique est telle que, de nos jours, bien rare est l’individu qui n’a pas absorbé à une époque ou à une autre de sa vie, une quantité plus ou moins grande de médicaments chimiques, hormonaux, etc..., sans oublier naturellement l’intoxication vaccinale à laquelle tout un chacun est soumis, dorénavant, non pas tellement par la loi, mais surtout par la peur créée par des articles de la grande presse.

Enfin, une autre cause d’intoxication à laquelle il est bien difficile d’échapper, est celle qui est procurée par la surabondance des fumées et des gaz toxiques ainsi que des radiations atomiques qui imprègnent, on peut le dire, l’atmosphère des grandes villes et de tout le territoire.

Avant d’aborder l’étude des remèdes que l’on peut apporter à ces causes d’affections du système nerveux, étudions-en rapidement et succinctement les manifestations.

On peut schématiquement classer les affections du système nerveux en deux catégories : celles qui sont traduites par des symptômes d’hyposthénie ou d’asthénie, et celles qui se traduisent par des symptômes d’hypersthénie.

L’asthénie peut se manifester dans le plan physique ou dans le plan psychique. Il s’agira alors de malades fatigués, qui sont fatigués dès le réveil et le demeurent dans la journée, ou bien de malades qui se lèvent à peu près en forme mais qui, rapidement, dès les premières heures de la matinée, se voient accablés d’une fatigue insurmontable et qui va en s’aggravant jusqu au moment du coucher. Cette fatigue se traduit par une lassitude musculaire au moindre effort, au moindre mouvement, et par une perte d’intérêt pour les choses les plus courantes, ou les occupations qui jusqu’alors intéressaient ces individus.

A un degré élevé, cette asthénie peut aller jusqu’à la dépression nerveuse bien connue, avec mélancolie et même jusqu’au suicide, le suicide n’étant que le renoncement complet à tout effort et à toute lutte.

Dans l’autre catégorie d’affections du système nerveux, nous verrons alors des malades qui sont des agités, qui ont l’impression de vivre « sur les nerfs », qui pensent que le temps passe trop vite et qu’ils n’auront jamais assez de temps pour faire toutes leurs occupations, qui sont affligés d’une idéation tellement rapide qu’ils ne peuvent fixer leur attention.

Cette agitation sur le plan physique s’accompagne d’une même agitation sur le plan psychique et nous verrons alors des malades atteints d’insomnie rebelle, cette insomnie créant, petit à petit, un état d’angoisse invincible.

Quels sont les remèdes de ces affections du système nerveux ?

Je ne parlerai pas des remèdes sur le plan allopathique, mais les citerai simplement pour mention. Il est bien certain qu’il est assez facile de soigner allopathiquement ces affections; s’il s’agit d’un malade asthénique, on lui administrera des excitants ou des toniques; s’il s’agit d’un hyper-rhénique, on lui administrera des calmants, et si cela n’est pas suffisant, on ira jusqu’à la cure de sommeil qui n’est que l’administration d’une quantité beaucoup plus massive de « calmants » de façon à plonger le malade dans un sommeil artificiel qui, théoriquement doit le libérer de ses soucis et de ses angoisses.

Est-il besoin de faire remarquer que cette façon de « soigner » n’aboutit qu’à augmenter encore l’intoxication médicamenteuse à laquelle a déjà pu être soumis le malade dans ses antécédents ?

Par contre, le Jeûne a un but tout à fait différent, qui est justement de réduire autant que faire se peut, cette intoxication, qu’elle soit d’origine alimentaire, médicamenteuse, vaccinale, ou due aux soucis quotidiens ou aux émanations toxiques de quelque nature qu’elles soient.

Il est certain, et vérifié par l’expérience de nombreuses fois, qu’il suffit de diminuer cette intoxication pour que l’organisme retrouve son équilibre, car dans tout ceci il ne s’agit que d’un équilibre perturbé.

A l’origine, le système nerveux est équilibré et s’il survient une affection dans son domaine, elle ne peut être due qu’à une cause perturbatrice. Ceci semble une vérité de la Pallice mais, en même temps, entraîne une autre évidence que l’on passe complètement sous silence, c’est qu’en ajoutant une autre cause perturbatrice, même si théoriquement elle vise à annuler la première, on ne peut qu’accentuer le déséquilibre.

Il ne faut pas ajouter quelque chose mais plutôt soustraire quelque chose, et c’est exactement l’action du Jeûne qui éliminera les causes d’intoxication alimentaire, médicamenteuse, vaccinale, par le fait même qu’en mettant l’organisme au repos, toutes les toxines accumulées pendant des années sont évacuées et le sang retrouve alors une pureté qui lui permet de mieux nourrir le cerveau, pour employer une image simple.

Comme toujours, à l’appui de mes dires, j’apporte des observations de malades qui permettront de mieux saisir les possibilités offertes par le Jeûne dans les affections du système nerveux (voir page 204) .

9. APPAREIL LOCOMOTEUR

L’étude des affections qui peuvent toucher l’appareil locomoteur entraîne à passer en revue toutes les maladies qui intéressent les os, les muscles, les nerfs, les artères et les veines des membres. Certaines de ces affections ont déjà été vues dans d’autres chapitres, et je n’insisterai pas sur les artérites, les phlébites, les décalcifications qui ont été examinées antérieurement. Je voudrais envisager ici les paralysies et les différentes formes de rhumatismes.

Il existe plusieurs sortes de paralysies suivant l’étiologie. Certaines sont dues à une atteinte des centres moteurs du cerveau, d’autres à des atteintes de la moelle épinière, d’autres enfin proviennent d’affections touchant directement les muscles ou les nerfs périphériques.

Au niveau de ces différents organes les lésions peuvent se produire soit par congestion sanguine, traumatique ou non, soit par suite d’un processus infectieux, microbien ou viral, soit par compression (tumeur, bénigne ou maligne, hématome, etc...), soit par dégénérescence.

On voit donc, d’une part que le pronostic, ainsi que l’efficacité du traitement, sera très variable suivant les causes et les localisations, et d’autre part, qu’il faudrait un chapitre très vaste si l’on voulait passer en revue toutes les paralysies, ce qui n’est pas dans mes intentions. Je veux parler seulement de quelques-unes, que l’on rencontre plus fréquemment, et desquelles j’ai quelque expérience.

Tout d’abord la fameuse « attaque », due soit à un spasme d’une artère cérébrale, mais dans ce cas elle est passagère, soit à une hémorragie cérébrale. Le jeûne et les traitements naturels, appliqués précocement, donnent d’excellents résultats, en créant une décongestion du cerveau. Lorsque ces thérapeutiques sont instituées tardivement, plusieurs semaines ou mois après l’installation de l’hémiplégie, elles ne peuvent prétendre faire régresser les symptômes paralytiques, mais elles permettent de mettre le malade à l’abri d’une récidive possible, et souvent mortelle, en ramenant la tension artérielle à la normale, en diminuant la viscosité sanguine, et en assouplissant les artères.

Dans la sclérose en plaques, on peut obtenir de bons résultats, mais là aussi tout dépend du stade où en est arrivée la maladie lorsqu’on applique ces traitements. S’il est encore temps, on peut réussir non seulement à stopper complètement l’évolution, mais même faire régresser les troubles paralytiques.

En dehors des paralysies proprement dites, il est des affections de l’appareil locomoteur qui provoquent des douleurs tellement fortes que le malade arrive à ne plus oser bouger le membre atteint; ce sont toutes les formes suraiguës de névralgies ou de névrites, telles que les sciatiques, névralgies cervicobrachiales, polynévrites des membres inférieurs, névralgies faciales, etc...

Dans ces affections, le Jeûne et les thérapeutiques naturelles donnent des résultats spectaculaires, soit en supprimant l’intoxication générale, soit en faisant disparaître l’épine irritative, par exemple par la vertébrothérapie, par l’acupuncture, par les sudations, les boues volcaniques, etc...

Le chapitre des rhumatismes, lui aussi est extrêmement vaste, depuis le rhumatisme goutteux, dû à un excès d’acide urique, jusqu’au redoutable rhumatisme articulaire aigu (Ou maladie de BOUILLAUD), qui touche souvent gravement le cœur, et la polyarthrite chronique évolutive (ou P. C. E.) qui rend le malade infirme par suite des déformations articulaires qu’elle provoque, en passant par toutes les formes d’arthrose, articulaire ou vertébrale.

Ces affections sont monnaie courante de nos jours, et cette fréquence même est redoutable, non pas tant parce que de nombreux malades en souffrent, mais bien plutôt parce que ces douleurs font, indirectement, courir les plus grands risques vitaux à ceux qui les ressentent. Je m’explique autrefois, il y a seulement quelques années, on soignait ces maladies par des médicaments somme toute anodins avec des résultats plus ou moins bons, il faut le reconnaître. Puis on a employé l’aspirine, le salicylate de soude, puis les terribles sels d’or ou de cuivre, et maintenant on donne, larga manu, les antibiotiques et la cortisone ou ses dérivés, au moins aussi facilement que l’on distribuait l’aspirine.

 Seulement, ces médicaments ne guérissent rien en réalité, car dès qu’on les suspend, les douleurs reviennent, et surtout, ils sont terriblement dangereux, perturbant les glandes endocrines, le foie, les reins, d’une manière souvent irréversible, si bien que, pour, non pas guérir des malades, mais simplement les soulager, on en arrive à les rendre profondément et vraiment malades, voire même à les tuer lentement.

 Or, c’est dans ces cas d’affections rhumatismales que le Jeûne et les thérapeutiques naturelles donnent les plus brillantes réussites, — à condition, bien entendu, qu’elles soient entreprises à temps, — qu’il s’agisse de rhumatismes aigus, y compris, je le répète, la R.A.A. ou maladie de BOUILLAUD, même dans sa force la plus  grave, y compris toutes les arthrites aiguës, ou qu’il s’agisse de toutes les variétés de rhumatismes chroniques, déformants ou non, qu’on les baptise arthroses ou de tout autre nom, et quelle que soit la localisation articulaire, c’est-à-dire aussi bien l’arthrose de la hanche coxarthrose) que celle du genou (gonarthrose), celle de l’épaule que celle de la colonne vertébrale.

 Ceci se conçoit aisément, car, pendant la cure de jeûne, les dépôts d’acide urique, d’acide oxalique et autres déchets responsables des symptômes rhumatismaux, ainsi que les toxines microbiennes, qui s’étaient fixées sur les articulations, sont peu à peu « décrochés »de ces localisations, remis en circulation, et enfin éliminés progressivement par des reins, qui ont recourt, grâce au Jeûne, un nouveau potentiel de filtrage.

Ceci explique d’ailleurs que, pendant la cure et immédiatement après, le taux d’acide urique dans le sang ne diminue pas, mais, bien au contraire, augmente. C’est un excellent signe, car comme le malade n’a rien mangé pendant 20 ou 30 jours, et donc pas absorbé quoi que ce soit qui puisse provoquer une augmentation du taux d’acide urique dans le sang, cette augmentation est due à l’arrivée dans la circulation générale de tout l’acide urique antérieurement fixé sur les articulations. Ce n’est guère qu’après un délai plus ou moins long que ce taux d’acide urique, ayant augmenté dans les urines, donc étant mieux éliminé, diminue dans le sang.

 Ce « nettoyage » des articulations se traduit souvent par une accentuation des douleurs, pendant la cure, et souvent pendant plusieurs semaines après celle-ci, voire même par l’apparition de douleurs dans des articulations qui n’avaient pas encore fait souffrir le malade.

 La durée de cette période d’aggravation apparente dépend d’une part de l’importance des déchets déjà fixés sur les articulations, donc de l’ancienneté de la maladie, et d’autre part des capacités d’élimination de l’organisme. Il est bien évident que plus vite ces déchets sont éliminés (c’est-à-dire plus les capacités d’élimination des émonctoires — foie, reins, intestins, etc... —étaient bonnes) plus vite les douleurs disparaîtront, et ceci est essentiellement variable suivant les malades. Certains sont immédiatement guéris, d’autres ont besoin de plusieurs semaines, quelquefois de plusieurs cures pour obtenir un résultat complet et durable (voir observations page 204).

 

10. ORGANES DES SENS

De nombreux malades sont atteints d’affections de ces organes, soit comme maladie principale soit comme maladie secondaire, et même dans ce dernier cas, elle représente une gêne considérable, étant donné l’utilité de ces organes dans la vie de tous les jours.

Le Jeûne agit sur certaines affections de l’appareil oculaire et s’il est évident qu’il ne peut faire disparaître la myopie ou autre déformation du globe oculaire lui-même, il est certain que la cataracte et certaines diminutions de l’acuité visuelle dues principalement à une sclérose ou à un durcissement des artères de la rétine sont favorablement influencées par les thérapeutiques naturelles.

Il faut savoir en effet que les affections des organes des sens ne sont souvent que la traduction et la localisation d’une maladie plus générale, telle l’artériosclérose, le diabète et autres diathèses chroniques.

C’est ainsi par exemple, en ce qui concerne l’appareil oculaire, que l’on pourrait passer en revue les blépharites, les kératites, les conjonctivites, mais ces affections ont été vues dans les chapitres précédents appareil digestif, cardio-vasculaire, etc... ou seront vues dans le chapitre suivant concernant l’allergie.

Les thérapeutiques naturelles agissent également très bien dans certaines affections de l’appareil auditif, d’une part celles qui sont dues à une sclérose du tympan, d’autre part sur celles qui sont dues à des phénomènes rhumatismaux au niveau des osselets de l’oreille. Ce dernier processus entraîne fréquemment, outre une diminution de l’acuité auditive, des phénomènes de bourdonnements, de sifflements qui sont exaspérants pour le malade et peuvent conduire jusqu’à la dépression nerveuse.

Souvent, ces bourdonnements sont dus au remaniement, provoqué par le processus arthrosique, des petits os de l’oreille, qui sont ainsi en perpétuelle vibration et les thérapeutiques naturelles, en agissant sur l’arthrite, permettent de faire disparaître ces malaises.

Un autre organe des sens qui est fréquemment atteint est l’odorat. L’odorat peut présenter une disparition complète — (anosmie) — ou des hallucinations olfactives allant jusqu’à la sensation permanente pour le malade d’une odeur pestilentielle (ozène).

Ces perturbations sont dues à un dérèglement des sécrétions de la muqueuse nasale qui, par la multitude de ses replis, représente une surface considérable.

D’autre part cette muqueuse, on le sait maintenant, contient de nombreux centres sympathiques, à tel point que l’on a élaboré une thérapeutique possédant une action générale, par attouchements de certains points précis de cette muqueuse nasale. C’est dire qu’elle joue un rôle considérable et que ce n’est pas en la maltraitant brutalement par des interventions chirurgicales visant a redresser une cloison plus ou moins déviée, ou par des coagulations, que l’on peut obtenir un résultat physiologique, au contraire.

De plus les sinus sont soumis à des infections répétées et à des réactions continuelles par l’air pollué et vicié que nous sommes appelés à respirer dans nos villes et nos bureaux. Or ces infections des sinus jouent évidemment un grand rôle sur la muqueuse nasale. Le Jeûne et les thérapeutiques naturelles, notamment l’ozonothérapie, permettent d’obtenir dans tous ces cas des résultats constants et spectaculaires. Il n’est pratiquement pas de sinusite, aussi importante et aussi ancienne soit-elle qui y résiste..

Ces traitements ont également une action bénéfique dans certains troubles de la parole, notamment dans le bégaiement et dans certaines atteintes des cordes vocales (laryngites aiguës ou chroniques, polypes des cordes vocales, etc.).

Enfin certains malades sont très gênés par des affections de la langue qui peuvent perturber le sens du goût. La langue n’est que le reflet de l’appareil digestif, et plus spécialement de l’intestin, à tel point d’ailleurs qu’elle permet au médecin pendant la cure de Jeûne de suivre l’importance de l’élimination toxinique, et l’on comprend facilement qu’en régularisant les fonctions digestives le jeûne permet de récupérer un sens du goût normal, et guérir stomatites et autres affections buccales gingivites par exemple. A ce propos il est curieux de constater combien nombreux sont les malades qui ont des gencives en très mauvais état, présentant de la pyorrhée par exemple, ou des saignements répétés. Certes, il arrive que cela soit dû à des affections relevant uniquement d’un traitement dentaire, mais beaucoup plus souvent la cause est plus profonde et le Jeûne fait disparaître ces troubles. On assiste d’ailleurs en général à une aggravation apparente au début de la cure, par suite, comme toujours, d’une crise d’élimination se produisant au niveau des gencives infectées ou congestionnées, puis tout rentre dans l’ordre.

En ce qui concerne les dents, je voudrais simplement rappeler que l’on a trop tendance à les considérer comme des « accessoires », alors qu’elles peuvent jouer un rôle essentiel. Elles sont évidemment très importantes pour une bonne mastication, elle-même capitale pour une bonne digestion et une bonne assimilation, mais surtout les dents infectées, voire même les dents soignées par certains produits, peuvent être le point de départ, la cause profonde et cachée, de maladies graves. C’est ainsi par exemple, que je fais toujours radiographier toutes les dents des malades atteints de Polyarthrite chronique évolutive, et de sclérose en plaques, et que je demande l’extraction dans ces cas, des dents malades ou suspectes. Depuis que j’agis ainsi — je ne l’avais pas fait au début de ma pratique du Jeûne — les résultats sont bien meilleurs, notamment dans la P.C.E. (voir observations page 204).

 

11. — AFFECTIONS DERMATOLOGIQUES ET ALLERGIQUES

L’allergie est un domaine très vaste qui groupe un grand nombre de maladies, en apparence très dissemblables, mais auxquelles on s’accorde à reconnaître un mécanisme commun la sensibilité exagérée d’un organisme à une cause externe minime à laquelle un organisme sain n’est pas du tout sensible et qui se traduit chez l’allergique par des réactions désordonnées, d’importance disproportionnée avec la cause, d’apparition brutale et souvent même d’aspect dramatique.

On range par exemple dans cette catégorie des maladies aussi différentes que l’asthme, l’urticaire, le rhume des foins, certaines formes d’eczémas, l’œdème de Quincke qui se caractérise par l’apparition brutale d’un gonflement important du visage et également des muqueuses de la gorge, ce qui provoque un étouffement considérable nécessitant quelquefois une trachéotomie, la laryngite striduleuse ou faux croup, certaines rhinites, certaines formes de conjonctivites, des sinusites, etc... L’allergie est donc une immense bouteille à encre, par ailleurs très pratique pour certains, car elle permet de classer ainsi des maladies dont l’origine exacte et le mécanisme ne sont pas bien élucidés.

La thérapeutique classique consiste donc en premier lieu à rechercher quelle est la substance qui déclenche ces réactions exagérées, au moyen de tests de sensibilisation par un interrogatoire minutieux du malade, en étudiant les circonstances d’apparition des crises, on parvient quelquefois à trouver une ou plusieurs substances susceptibles d’être la ou les causes déclenchantes. Si l’on a trouvé une seule substance, le problème est assez simple on injecte dans le derme du sujet une certaine quantité de ce produit. Si la crise apparaît on est alors certain de connaître la substance en cause on en prépare une quantité extrêmement diluée (à dose homéopathique pourrait-on dire), qui, injectée au malade, permettra, par une répétition très étudiée, de le désensibiliser, c’est-à-dire de le rendre insensible à cette substance. C’est en somme l’équivalent d’une mithridatisation.

Mais il est difficile la plupart du temps d’isoler avec certitude une seule cause déclenchante et l’on est amené alors à faire des essais avec un certain nombre de produits, voire même de faire des essais de désensibilisation avec des cocktails de substances plumes, poussières, pollen, etc... Il est incontestable que l’on obtient quelquefois de bons résultats, mais ils sont rarement durables, et par contre les échecs sont très nombreux.

Actuellement, des méthodes assez récentes d’examens ont permis de mesurer le pouvoir histaminopexique du sang, c’est-à-dire la possibilité que possède le sang de fixer l’histamine, cette substance étant précisément celle qui est sécrétée exagérément chez les sujets sensibles et qui est la cause de l’apparition des phénomènes allergiques que nous avons passé en revue, et l’on s’est aperçu que ce pouvoir histaminopexique est très faible chez les sujets sensibilisés.

Il semble donc bien que le problème soit pris à l’envers lorsqu’on essaie de rechercher la cause externe qui déclenche les crises. En effet il serait plus logique d’agir de telle sorte que le pouvoir histaminopexique revienne à la normale. Or il est certain que le dérèglement de ce pouvoir histaminopexique est sous la dépendance du foie. Nous ne pouvons donc pas être étonnés que le Jeûne et les thérapeutiques naturelles qui agissent en premier lieu et très fortement sur le foie, arrivent à faire disparaître d’une façon complète et durable ces affections.

En ce qui concerne les affections de la peau, on se trouve a peu près devant le même problème, car la thérapeutique classique et officielle ne s’attaque qu’aux manifestations externes de ces maladies, et quand je dis s’attaque, le terme n’est pas trop fort, lorsqu’on voit tous les produits employés pour badigeonner des eczémas et des psoriasis, produits allant du violet de gentiane au rouge congo en passant par le noir, bariolant le sujet de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, sans parler des applications électriques, radiothérapiques, ou de neige carbonique.

Jusqu’à ces dernières années, les dermatologues ne s’occupaient pas du traitement interne ou très peu. A l’heure actuelle ce n’est pas mieux, au contraire, car depuis qu’on s’est aperçu que la cortisone ou ses dérivés pouvaient donner un résultat spectaculaire sur certains eczémas, on emploie ce médicament larga manu, et si l’on obtient quelquefois des améliorations certaines, elles ne sont jamais durables, l’aggravation réapparaissant dès que l’on suspend l’absorption de cette chimiothérapie.

Or, là encore il n’est pas douteux que le foie joue un rôle primordial dans le déclenchement de ces affections de la peau si gênantes, qui ne sont en effet que des essais effectués par l’organisme pour tenter d’éliminer par la peau des toxines qu’il ne parvient plus à éliminer par les émonctoires naturels, ceux-ci étant déficients. On comprend qu’en bloquant cette tentative d’utilisation de voies de suppléance par des pommades et autres applications externes, on puisse aboutir à l’apparition d’affections beaucoup plus graves asthme, néphrites, voire même la mort, comme je l’ai vu chez un nourrisson par suite d’un blocage complet de l’organisme.

Le Jeûne et les thérapeutiques naturelles au contraire, en nettoyant les voies normales d’élimination, entraînent les toxines vers leur issues naturelles et l’on assiste à la disparition des manifestations dermatologiques, cette fois d’une façon durable. C’est la raison pour laquelle les thérapeutiques naturelles permettent d’obtenir d’aussi bons résultats, non seulement dans toutes les formes d’eczémas, mais également dans cette affection si tenace, si rebelle qu’elle est considérée par la médecine officielle comme inguérissable, et qui s’appelle le p psoriasis (voir observations page 204).

12. — Néoformations BÉNIGNES ET MALIGNES

L’action du Jeûne et des thérapeutiques naturelles est diamétralement opposée dans ces deux sortes d’affections.

Parmi les néo-formations bénignes, on range les polypes, les fibromes, les condylomes, les papillomes, les kystes, les verrues, etc..., c’est-à-dire toutes les formations tumorales quelle que soit leur localisation, qui sont caractérisées par leur évolution bénigne et l’absence de tendance à l’essaimage et à l’envahissement des tissus voisins.

Dans ces affections, le Jeûne et les thérapeutiques naturelles donnent en général d’excellents résultats, non seulement pour faire régresser ces tumeurs, voire même les faire disparaître complètement, mais également pour éviter leur récidive lorsqu’elles ont été enlevées soit par chirurgie, soit par des irradiations. En effet, il est fréquent que par exemple des polypes nasaux récidivent des dizaines de fois et très rapidement après leur ablation. Le phénomène est également très bien connu pour les verrues.

Préparation des cataplasmes de « Fango »

La cause de ces récidives est que, lorsqu’on procède à l’ablation de ces tumeurs bénignes, on ne change absolument rien au terrain du sujet et que cet organisme s’empresse de rejeter de nouvelles toxines sous formes de tumeurs. Nous nous trouvons alors devant un sujet présentant un terrain cancérinique, c’est-à-dire ayant une tendance à évoluer vers le terrain cancéreux proprement dit et à fabriquer ultérieurement non plus des tumeurs bénignes mais des tumeurs malignes. Il est d’ailleurs bien connu que certaines néo-formations, bénignes à l’origine, peuvent dégénérer en néoplasmes proprement dits, tel par exemple l’adénome et la prostate qui peut dégénérer en cancer.

Le Jeûne et les thérapeutiques naturelles, par leur action profonde sur le terrain, qu’ils transforment radicalement en permettant l’élimination des toxines caractéristiques de ces terrains, font régresser cette tendance au cancer, et, par voie de conséquence, on assiste à une diminution de volume souvent considérable, quelquefois même à la disparition complète des tumeurs bénignes.

Si le cas a été entrepris trop tardivement pour que l’on puisse éviter une opération, par exemple lorsque le volume de la tumeur bénigne est tel qu’il entraîne une compression des organes voisins, les thérapeutiques naturelles mettent le malade à l’abri d’une récidive toujours possible et également d’une dégénérescence.

Dans les néo-formations malignes, il en va tout autrement. Certains ont prétendu que le jeûne seul, sans lavement ni purge et même sans thérapeutique adjuvante, pouvait guérir le cancer déclaré.

Ceci est absolument faux et, bien au contraire, le jeûne doit être mené avec de très grandes précautions dans les affections malignes.

Cela se conçoit et se comprend aisément. En effet le Jeûne libère énormément de toxines, et en quantité d’autant plus grande que l’affection est plus ancienne et plus profonde, ce qui est précisément le cas du cancer, car il faut bien savoir que lorsqu’on en arrive au stade des tumeurs cancéreuses, il y a des années que ce processus évolue sournoisement.

La quantité de toxines est donc considérable, et cette mise en liberté brutale, par le Jeûne, d’une quantité énorme de toxines peut mettre l’organisme dans l’impossibilité de les éliminer, par suite de l’atteinte profonde des organes destinés au rôle d’émonctoire tels que le foie, les intestins, les reins. Comme ces toxines ne peuvent être rejetées de l’organisme, mais qu’elles sont néanmoins libérées des organes internes par le Jeûne, elles peuvent créer un blocage, cette fois, complet et définitif, non seulement des émonctoires mais également du système réticulo-endothélial.

Ceci ne veut pas dire que le Jeûne soit contre-indiqué dans les cancers, mais il doit être manié avec la plus grande précaution et les cures de Jeûne longues sont dangereuses. Il faut employer des cures de Jeûne courtes entrecoupées de périodes de réalimentation, d’autant plus que cet organisme épuisé récupère difficilement et lentement, et que le poids perdu pendant le Jeûne n’est que péniblement repris, contrairement à ce qui se passe dans les affections non malignes où la reprise de poids est rapide.

Une indication intéressante du Jeûne dans les affections malignes déclarées est due à son action sédative sur la douleur, et souvent cette thérapeutique permet d’éviter les souffrances atroces des cancéreux au stade terminal, alors que même les stupéfiants et les opiacées n’agissent plus.

On conçoit d’après ce qui vient d’être dit, tout l’intérêt d’un éventuel diagnostic précoce, non seulement du cancer, mais surtout du stade pré-cancéreux, c’est-à-dire le diagnostic de terrain cancérinique, car ce stade cancérinique existe de nombreuses années avant l’apparition du stade du cancer. En outre comme nous l’avons vu ci-dessus le cancérinisme est aisément curable notamment par les thérapeutiques naturelles et l’on peut facilement le guérir.

Cette possibilité de diagnostic précoce existe. Il s’agit de la méthode de CRISTALLISATION SENSIBLE de Pfeiffer sur laquelle nous allons maintenant nous étendre davantage car son intérêt est immense.

METHODE DE LA CRISTALLISATION SENSIBLE

Le principe de la cristallisation est simple si l’on fait cristalliser une solution de chlorure de cuivre sans aucune adjonction, dans certaines conditions de température et d’humidité que nous décrirons plus loin, on trouve sur les plaques des amas de cristaux irrégulièrement répartis, suivant le système orthorhombique qui est le système cristallographique du chlorure de cuivre. Ces cristaux se disposent en rosettes, à des emplacements tout à fait anarchiques.

Si l’on recommence la cristallisation de chlorure de cuivre, mais en ajoutant cette fois du sang dilué d’un homme sain, la disposition des cristaux est transformée et l’on obtient une disposition rayonnante sur toute la surface de la plaque de verre. Mais il existe également sur ces plaques un centre de convergence net, qui ne se trouve pas nécessairement au milieu de la plaque. Cet assemblage formé par le sang humain et le chlorure de cuivre, lorsqu’on les fait cristalliser ensemble, est désigné comme image de la cristallisation du sang, et le centre, vers lequel convergent tous les cristaux, s’appelle le centre de gravité.

Si l’on recommence une troisième fois la même expérience, mais en ajoutant au chlorure de cuivre, du sang d’un sujet malade au lieu du sang d’un sujet sain, on obtient une cristallisation différente, en ce sens que les cristaux, au lieu de converger tous vers un seul centre de gravité, se dirigent vers plusieurs centres et l’expérience a prouvé que ces différents centres correspondent aux organes malades du sujet examine. Nous avons ainsi la possibilité de déterminer quel est ou quels sont les organes atteints ou menacés chez tel ou tel malade.

Mais intervient également la forme des cristaux obtenus. On constate deux types fondamentaux la forme rayonnante, qui comme son nom l’indique comporte des cristaux qui rayonnent d’un point central, et la forme en vacuole qui est caractérisée par un espace vide et limité. Ces deux formes fondamentales offrent des transformations multiples, mais toutes les variétés peuvent être ramenées à l’un ou à l’autre de ces types fondamentaux qui représentent les deux tendances morbides fondamentales s’opposant l’une à l’autre l’inflammation d’une part, et la tendance prolifératrice ou tumorale d’autre part. Dans cette catégorie, nous pouvons également distinguer des formes caractéristiques de tumeurs bénignes, les autres des tumeurs malignes. De même dans la catégorie des signes rayonnants, caractérisant l’inflammation, on peut distinguer des aspects spéciaux que l’on nomme Croix de Malte et qui caractérisent l’existence d’une tuberculose.

Il faut bien insister sur le fait que le départ de la méthode fut uniquement empirique. On a examiné d’abord le sang de malades dont le diagnostic était indiscutable, et l’on a cherché les relations qui pouvaient être faites entre l’agencement des cristaux d’une part et le processus morbide diagnostiqué avec certitude d’autre part. La fréquence dans la répétition des phénomènes montra que les conclusions étaient valables. Par la suite des vérifications furent tentées par différents chercheurs, dans des pays aussi différents que l’Allemagne ou les États-Unis, sur des milliers de cas, et l’on procéda avec toutes les précautions voulues pour s’assurer de l’efficacité de cette méthode de diagnostic. C’est ainsi que, pour un malade donné, on faisait un prélèvement de sang, on établissait une cristallisation et on donnait le diagnostic ainsi obtenu avant que l’on ait connaissance du diagnostic apporté par les méthodes habituelles, notamment par la biopsie ou l’examen anatomo-pathologie des pièces opératoires prélevées au cours des interventions chirurgicales.

Avec cette méthode rigoureuse de contrôle, on a obtenu des pourcentages d’exactitude pour la cristallisation atteignant 96 %, ceci sur plusieurs milliers de malades. Or, aucune méthode de recherche n’est valable dans 100 % des cas. Contrairement à ce que pensent beaucoup de profanes, les analyses les plus courantes de laboratoires, de radiologie et même d’anatomopathologie, sont sujettes à erreurs. Il m’est déjà arrivé d’avoir des résultats contradictoires sur le même échantillon envoyé pour examen, à deux laboratoires différents. Le pourcentage de 90 % d’exactitude est un chiffre vraiment très élevé et qui rend une méthode absolument indiscutable.

Je ne veux pas m’étendre ici sur les détails techniques de la préparation des plaques servant au diagnostic, je voudrais simplement indiquer qu’il s’agit d’une méthode minutieuse et que toute erreur doit être exclue.

On utilise des plaques de verre dont la surface doit être rigoureusement lisse et naturellement très propre, exempte de graisse et de poussière, que l’on fait cristalliser dans une cabine où la température et le degré d’hygrométrie doivent être constants. De plus les trépidations doivent être éliminées.

L’intérêt de la cristallisation est multiple. Non seulement elle permet un diagnostic ultra-précoce de cancer, puisque même elle permet le diagnostic de terrain cancérinique, mais également elle permet le diagnostic de métastases, avant que celles-ci ne soient apparentes par les moyens d’investigation courants.

On comprend donc l’intérêt de procéder à cet examen avant une éventuelle opération pour une tumeur quelconque, bénigne ou a fortiori maligne. Combien de fois n’est-il pas arrivé au chirurgien d’ouvrir un organisme, croyant trouver une tumeur bénigne et d’avoir la désagréable surprise de trouver une tumeur maligne. Ceci ne serait pas arrivé si la cristallisation avait été pratiquée au préalable. De même il est inutile de tenter une opération pour l’ablation d’une tumeur maligne, si la cristallisation permet de voir qu’il y a déjà des métastases en évolution. En effet, cette intervention ne servirait qu’à donner un coup de fouet à l’évolution de ces métastases et à leur généralisation.

Enfin la cristallisation permet de suivre, lorsqu’on la répète à intervalles plus ou moins éloignés, l’action des traitements institués, soit sur les tumeurs malignes, soit sur le terrain cancérinique, c’est-à-dire ce qui pour nous, est déjà du cancer, mais à un stade très curable.

Il est certain que le défaut d’explications rationnelles de la cristallisation peut choquer certains esprits. Il n’en reste pas moins que seuls les faits comptent et que l’expérience devance parfois l’explication raisonnée. Il ne faut pas oublier que cette méthode est appliquée depuis 1930 au centre de DORNACH en Suisse où ces chercheurs ont derrière eux une expérience de plusieurs dizaines de milliers de cristallisations lues et contrôlées.

Un jour vraisemblablement une explication sera donnée. Elle existe déjà, mais comme elle s’appuie sur des considérations philosophiques et métaphysiques, il est sans doute plus prudent de ne pas en parler maintenant, ni d’en faire état, car je ne pense pas que dans notre monde matériel, elle puisse satisfaire davantage les esprits rationnels dont je parlais ci-dessus.

 LES AFFECTIONS AlGUES

 Le Jeûne est parfaitement indiqué dans la plupart des affections aiguës.

Il devrait même être le premier réflexe, non seulement du malade, mais également du médecin. Pourtant rares sont les médecins, qui lorsqu’ils voient un malade atteint de grippe, d’angine, de bronchite, de congestion pulmonaire, etc... disent à ce malade de rester au jeûne complet et intégral. La plupart du temps en dehors du traitement médicamenteux, les conseils diététiques se bornent à un vague « mangez légèrement » et, pour un malade qui mange en général beaucoup trop, ce conseil donné comme en passant, lui permettra d’ingérer des bouillons de légumes, de la purée de pommes de terre, de la viande grillée, des fruits, puisque tout ceci est en général considéré comme « un régime ».

Je sais bien que si je rappelle que les animaux se mettent d’eux-mêmes et par instinct au jeûne complet lorsqu’ils font une affection aiguë, je passerai pour un rétrograde. Et pourtant, l’expérience, non seulement des animaux, mais également des êtres humains, prouve indiscutablement et invariablement, qu’une affection comme une grippe ou comme une angine guérit dans un laps de temps deux ou trois fois plus court, si le malade reste au jeûne intégral, ne buvant que de l’eau et des tisanes, que lorsqu’il continue à manger et qu’il absorbe des médicaments.

Cela n’a rien d’étonnant d’ailleurs, car les ressources de l’organisme, au lieu d’être totalement consacrées à la lutte contre l’affection microbienne ou virale, sont alors distraites dans une grande part par l’absorption, l’assimilation et l’élimination, non seulement des aliments mais surtout des médicaments dont on fait un usage abusif en général dans ces affections, sous le prétexte de vouloir les guérir plus vite.

Cependant si l’on ne veut pas accorder de valeur à l’instinct des animaux, on devrait avoir la franchise de reconnaître que l’instinct humain existe dans le même sens et que, la plupart du temps, lorsqu’on est atteint d’une affection aiguë, on n’éprouve nullement le besoin de manger. Malheureusement la gourmandise, et également l’habitude qui crée le réflexe conditionné, font que l’on croit encore que si l’on ne mange pas on s’affaiblira, et que la maladie prendra le dessus, ce qui est exactement l’inverse de la réalité.

Pour ceux qui restent sceptiques, la grippe qui sévit tous les ans est une bonne occasion de se rendre compte de la véracité des phrases ci-dessus, et en même temps de l’efficacité du Jeûne, car il n’y a vraiment aucune excuse à avoir peur de deux ou trois jours de jeûne. Ceux qui auront le courage, si l’on peut dire, de tenter cette expérience lors d’une grippe, comprendront immédiatement toute la puissance thérapeutique du Jeûne.

AFFECTIONS CHIRURGICALES

Je sais bien que le titre de ce paragraphe va faire sursauter de nombreux médecins, aussi vais-je donner quelques explications.

Il n’est pas dans mon intention de dire, ni même d’insinuer, que le Jeûne peut supprimer la chirurgie dans tous les cas. Ce qui est purement et proprement chirurgical le demeurera toujours. Il ne viendrait à l’idée de personne de dénier à la chirurgie les immenses services qu’elle a rendus, qu’elle rend et qu’elle rendra toujours, de plus en plus même au fur et à mesure des progrès techniques réalisés, dans de nombreux domaines les fractures, les urgences, la réparation de malformations congénitales ou accidentelles, pour ne citer que quelques-unes de ses applications.

Mais il n’en reste pas moins vrai que beaucoup d’affections sont encore cataloguées comme relevant essentiellement du domaine chirurgical, alors qu’elles peuvent être guéries, à moindre frais, par des thérapeutiques médicales valables telles que le Jeûne et les traitements naturels.

Trop de chirurgiens — je ne dis pas tous les chirurgiens — enlèvent gaiement des appendices, des vésicules biliaires, des estomacs, des hémorroïdes, etc..., sans se demander précisément si une autre thérapeutique moins traumatisante ne donnerait pas des résultats au moins égaux et sans doute meilleurs.

Une vésicule biliaire contenant des calculs est condamnée 9 fois sur 10 sans autre forme de procès, et bien souvent sans même que l’on n’ait tenté un traitement médical quel qu’il soit, même allopathique, le médecin sachant d’avance qu’il n’obtiendra pas de résultats, d’une part, et ignorant d’autre part les possibilités de nos thérapeutiques naturelles.

Une Fosse Iliaque droite sensible au palper, d’une façon un peu trop obstinée, conduit à l’appendicectomie, et pourtant, autant il serait criminel de retarder l’ablation de l’appendice en cas d’appendicite aiguë caractérisée, autant il est néfaste d’opérer ces appendicites chroniques, qui ne sont d’ailleurs, la plupart du temps, que des irritations du cæcum, pour lesquelles, non seulement l’appendicectomie n’apporte aucune amélioration, mais au contraire crée souvent des adhérences supplémentaires, qui viennent ajouter des troubles nouveaux à ceux existant auparavant.

Évidemment nous ne pouvons guérir toutes les vésicules biliaires lithiasiques, car certaines sont atteintes depuis trop longtemps, ou bien contiennent des calculs beaucoup trop volumineux, mais beaucoup d’appendices, de vésicules biliaires, d’hémorroïdes, d’ulcères d’estomacs, etc..., pourraient guérir sans opération, nous en avons la preuve presque tous les jours.

 

CHAPITRE III

CONTRE-INDICATIONS AUX CURES DE JEUNE

En considérant tout ce qui vient d’être énuméré dans les chapitres précédents, on pourrait être tenté de croire que l’on peut faire jeûner n’importe quel malade sans distinction.

Ce serait une erreur, car si les contre-indications du jeûne sont peu nombreuses, elles existent, et il est très important de les préciser, de façon à ce que certains malades ne se lancent pas dans une aventure qui pourrait leur être néfaste, surtout s’ils la tentaient sans surveillance.

Il existe des contre-indications relatives. Je m’explique; j’ai dit au début de cet ouvrage que les malades fatigués, anémiés, amaigris, pouvaient être justiciables d’une cure de Jeûne. Il faut bien préciser que dans ces cas précis, le Jeûne ne peut être tenté qu’avec de grandes précautions et que bien souvent on est obligé de recourir, non pas à de grandes cures, de longue durée, mais à des cures courtes, répétées, suivant un rythme variable. Il ne s’agit pas de contre-indications réelles, mais simplement de cas médicaux pour lesquels des précautions plus grandes doivent être prises dans la conduite des cures de Jeûne. Nous verrons dans un chapitre ultérieur la façon de conduire une cure, pour qu’elle soit efficace.

En réalité les deux contre-indications principales du Jeûne sont la tuberculose et le diabète.

1. — TUBERCULOSE

La tuberculose constitue classiquement une contre-indication absolue du Jeûne; cependant ceci mérite quelques éclaircissements.

Le Jeûne est effectivement contre-indiqué chez les tuberculeux pulmonaires évolutifs, mais il n’est pas contre-indiqué dans les autres formes de tuberculose, c’est-à-dire que rien n’empêche de faire jeûner utilement, et avec profit, dans certaines conditions, des malades atteints de tuberculose pulmonaire non évolutive d’une part, ou de tuberculose urinaire, ou osseuse, ou intestinale. De même les séquelles de tuberculose, c’est-à-dire ce qui risque d’handicaper le malade guéri, ou du moins celui dont la maladie tuberculeuse a cessé d’évoluer, ces séquelles sont justiciables de la thérapeutique du Jeûne.

C’est le cas par exemple de cette malade dont j’ai parlé dans le paragraphe des affections rhumatismales et dont les troubles seraient certainement d’origine tuberculeuse lointaine.

Voici un premier point bien précisé : tout ce qui n’est pas tuberculose pulmonaire est justiciable du Jeûne, ainsi que les tuberculoses pulmonaires non évolutives.

Par ailleurs, en ce qui concerne les tuberculeux pulmonaires évolutifs eux-mêmes, les contre-indications ne sont pas absolues et l’on peut y faire quelques restrictIons. Certaines tuberculoses pulmonaires évolutives présentent un aspect très spécial, si bien qu’on les a appelées des tuberculoses forides. Il s’agit dans ces cas de malades obèses ou en tout cas très « enveloppés », avec un faciès le plus souvent rubicond, très fortement coloré, qui ne correspond pas du tout à celui du phtisique romantique, que s’imaginent en général les profanes quand ils pensent à un tuberculeux. Ces malades florides ne sont pas rares, loin de là, et il faut dire qu’ils deviennent même de plus en plus fréquents. Cette obésité, ou cet embonpoint excessif, n’est pas dû à la maladie elle-même, mais plutôt au traitement chimiothérapique et antibiotique trop longtemps poursuivi, car cette prolongation excessive provoque une intoxication hépatique et rénale qui aboutit à une obésité, par exemple par rétention hydrique ou hydro-chlorurée. L’intoxication médicamenteuse, ici, encore, s’ajoute à l’affection microbienne et même, souvent, elle est la cause des tuberculoses résistantes, Car, en intoxiquant l’organisme, elle réduit ses possibilités de défense contre le microbe. Nous nous retrouvons alors devant des cas d’obésité par intoxication hépatique et rénale que nous avons étudiés dans les chapitres précédents et nous comprenons alors que le jeûne puisse être utile dans ces cas.

Chez ces malades, bien qu’ils soient en évolution tuberculeuse, les cures de jeûne, courtes, mais répétées fréquemment, permettent une désintoxication non brutale de l’organisme, qui retrouve ainsi des capacités d’autodéfense accrues.

Les cures longues sont contre-indiquées, mais non pas parce qu’elles affaiblissent le malade, comme on pourrait le croire. Elles sont contre-indiquées parce qu’elles libèrent une quantité de toxines excessive, pour cet organisme affaibli par la maladie, et cet organisme ne serait pas capable d’éliminer cette grande quantité de toxines, ce qui aboutirait à un blocage du système réticulo-endothélial et de tous les organes émonctoires. Autrement dit, les cures de Jeûnes longues sont contre-indiquées dans ces cas, non parce qu’elles sont dangereuses, mais au contraire parce qu’elles seraient trop actives.

Depuis l’ère des antibiotiques et des médicaments chimiques, les tuberculeux ne sont plus suralimentés d’une façon aussi excessive qu’autrefois, mais ils n’ont pas gagné au change, puisque l’intoxication médicamenteuse est venue s’ajouter à l’intoxication alimentaire. C’est pourquoi un simple régime alimentaire allégé, permet au tuberculeux floride de guérir, biologiquement et radiologiquement parlant, alors même que les antibiotiques et la chimiothérapie n’agissent plus, même en augmentant les doses, ou plutôt en raison même de la continuation et de l’augmentation des doses de médicaments.

2. - DIABÈTE

Il faut bien distinguer deux sortes de diabète : les diabètes maigres et les diabètes gras.

A. - LE DIABÈTE MAIGRE est appelé aussi diabète grave; c’est celui que l’on rencontre surtout dans l’enfance, et de toutes façons dont le début remonte à l’enfance ou à un âge peu avancé. Ce sont ces cas où l’insuline est absolument indispensable et cela se comprend aisément, car le pancréas de ces sujets ne remplit pas sa fonction de glande endocrine, qui est de produire de l’insuline. Il ne s’agit pas ici d’organe encrassé, mais en réalité d’organe ou du moins de fonction totalement inexistante.

La découverte de l’insuline a permis à ces malades de survivre, car ils étaient autrefois inévitablement condamnés à mort, et dans un délai assez bref évidemment.

Dans ces cas l’action du jeûne est décevante, ou du moins ses résultats sont décevants, car les réactions de ces sujets sont absolument imprévisibles.

Pendant la cure de jeûne, le taux de sucre dans le sang oscille de façon désordonnée, peut monter à 3 g un jour retomber à 0,40 g le lendemain, ce qui rend ces cas très délicats à soigner et ne peut se faire qu’en clinique, sous une surveillance étroite, avec analyses de sang et d’urine plusieurs fois par jour.

Les résultats sont décevants, et on peut tout au plus espérer, dans ces cas de diabète maigre, une réduction du taux d’insuline administré, mais non sa suppression. Ceci est facilement compréhensible puisque, le pancréas ne remplissant absolument pas du tout sa fonction endocrine, le Jeûne peut tout au plus agir sur le foie qui a également un rôle à jouer dans la fonction glycogénique.

Cependant ceci ne veut pas dire que le Jeûne ne doit pas être tenté dans ces cas de diabète maigre, car on peut obtenir quelquefois le remplacement de l’insuline par les nouveaux médicaments chimiques antidiabétiques, sans doute parce que, dans ces cas favorables, la récupération hépatique provoquée par le Jeûne est suffisante pour assurer, moyennant également un régime très sévère, une fonction glycogénique suffisante, mais ces cas sont rares. Ce dernier résultat bien qu’assez mince, est néanmoins considéré par le malade comme un progrès important, car il lui permet de ne pas être astreint à cette piqûre ou ces piqûres quotidiennes d’insuline.

B. — Par contre, dans le DIABÈTE GRAS, les résultats sont bien plus encourageants.

Le diabète gras est celui de l’adulte, ou du moins qui apparaît tardivement, et il s’accompagne le plus souvent d’un état floride, voire même d’obésité vraie. C’est une forme de diabète qui est due à la surcharge du pancréas et du foie. Ces organes ne remplissent plus leur fonction glycogénique, par suite du surmenage de leurs cellules, après des années de suralimentation et d’alimentation déréglée.

Le Jeûne agit très puissamment dans ces cas et l’on obtient rapidement une disparition du sucre dans les urines ainsi qu’une normalisation du taux de sucre dans le sang.

Les résultats éloignés de la cure de Jeûne dans ces cas dépendent, d’une part, de la longueur de la cure de jeûne, d’autre part, de la façon dont le malade poursuivra ou non son régime après la cure.

En effet, si le Jeûne, rend au pancréas et au foie des possibilités fonctionnelles presque normales, voire même complètement rétablies à condition que la cure soit assez longue, il ne saurait « vacciner » ces organes contre des erreurs alimentaires après la cure (Voir observations).

 

CHAPITRE IV

 

 LES ÉCHECS RÉELS OU APPARENTS DU JEUNE ET DES TRAITEMENTS NATURELS

A la suite des chapitres précédents, exposant les résultats brillants obtenus par le Jeûne et les traitements naturels, je tiens à écrire celui-ci, afin d’éviter que l’on ne me reproche de passer sous silence les échecs que ces méthodes ne peuvent manquer de présenter, comme toutes méthodes thérapeutiques connues à ce jour et de laisser croire volontairement que l’on peut tout guérir par ces moyens naturels.

Il faut savoir, en effet, qu’il n’existe pas et qu’il n’existera jamais de thérapeutique qui puisse guérir tous les malades.

Il est évident que la meilleure méthode sera celle qui présentera un pourcentage plus élevé, mais il ne saurait s’agir, de toutes façons, que d’un pourcentage, et, à côté des réussites, il faut envisager les échecs.

1) Parmi ceux-ci il y a tout d’abord les échecs réels du Jeûne, dans lesquels on peut ranger les contre-indications, les cas inguérissables, et également les cas qui étaient théoriquement guérissables, mais ne le sont plus parce que trop avancés.

Sur les contre-indications, je passerai rapidement, d’une part parce qu’il est bien évident qu’on ne peut reprocher à une méthode de ne pas être efficace dans un cas ou précisément, elle est contre-indiquée, d’autre part parce que j’ai déjà parlé de la principale, la tuberculose pulmonaire évolutive.

De toutes façons, il est rare que le problème se pose, car ces malades sont très rapidement dirigés vers les organismes spécialisés, dispensaires, sanas, etc..., de plus les règlements de la Direction de la Santé interdisent formellement aux cliniques médicales d’hospitaliser de tels malades.

Pour qu’il n’y ait pas de confusion, je rappelle néanmoins que les tuberculeux dont les lésions sont cicatrisées, stabilisées, même récemment, tirent le plus grand profit de cures de Jeûne bien faites, qui éliminent à la fois les toxines sécrétées par le Bacille de Koch (et sur lesquelles les antibiotiques n’ont pas d’action) et l’excès des médicaments absorbés pour arriver à la cicatrisation, médicaments qui ajoutés à la suralimentation, délabrant le foie et les intestins et empêchent ainsi une véritable et définitive guérison.

Quant aux cas réellement inguérissables, il en est de même que pour les contre-indications, on ne saurait reprocher au jeûne ni à toute autre thérapeutique de ne pas guérir ce qu’il est impossible de guérir. Cependant je rappelle les paroles du Docteur BERTHOLET :

« Ce que le jeûne ne peut guérir, rien ne peut le guérir ». C’est pourquoi il peut être intéressant de tenter une cure de jeûne, même dans ces cas que l’on sait d’avance inguérissables, car on peut s’attendre au moins à une prolongation, à une survie, à une disparition des symptômes concomitants, tels que les douleurs dans un cancer par exemple, à une amélioration des fonctions digestives. etc... à la condition évidemment de bien préciser, sinon au malade, du moins à ses proches, que dans ce cas précis, le Jeûne est appliqué sans espoir de guérison, mais seulement comme un palliatif utile et très intéressant.

 On peut ranger dans ces cas inguérissables par le Jeûne seul, mais dans lesquels le jeûne est néanmoins indiqué comme palliatif le cancer, la maladie d’Hodgkings, la leucémie, la sclérose en plaques, le diabète maigre. Je rappelle que le diabète gras, celui qui survient chez l’adulte, répond très bien à l’action du Jeûne.

Il existe toute une série de cas où le jeûne ne donne que des résultats minimes, ce sont les cas trop avancés. Et là, il devient difficile de garder son calme, car se sont des cas qui auraient pu être complètement et définitivement guéris, s’ils avaient été pris à temps, si certains médecins — ou guérisseurs — inconscients, n’avaient pas perdu un temps précieux en vaines thérapeutiques, ou bien s’ils avaient pris le temps de bien examiner leur malade pour faire un diagnostic exact.

Comment ne pas s’énerver lorsqu’on voit arriver une malade à qui la SÉCURITÉ SOCIALE refuse le remboursement des frais de séjour, sous prétexte qu’elle relève plutôt d’une clinique psychiatrique (diagnostic de l’expert anorexie mentale), sa maigreur étant due uniquement à « la peur de manger » d’après ce médecin expert, alors qu’une radiographie faite quelques jours après son arrivée (et personne n’avait pensé à lui faire subir cet examen, bien qu’elle fut atteinte de troubles digestifs importants depuis des années), mit en évidence une vésicule biliaire archi pleine de calculs. Il est bien certain que dans ces conditions, le résultat sera médiocre, alors que si cela avait été diagnostiqué quelques années plus tôt, tout aurait été différent. Quelle responsabilité pour ces « médecins »...

Quelquefois, la faute en incombe aux malades eux-mêmes, qui se négligent, ne font pas très attention à leurs malaises, essaient un traitement, puis un autre, se découragent, abandonnent tout, jusqu’au jour où ils ont tellement mal, qu’ils se décident à essayer le Jeûne. Mais pendant ce temps la maladie a évolué sournoisement, tant et si bien que l’étendue des lésions est telle qu’elles sont devenues irréversibles. Je reçois parfois des lettres, accompagnées de radiographies, de malades atteints d’arthrose de la hanche et auxquels je suis obligé de répondre qu’il est inutile qu’ils fassent le déplacement jusqu’à la Clinique les os sont tellement déformés et presque soufflés que rien ne peut plus arrêter l’évolution.

Ces cas inguérissables par suite du retard, que ce retard soit dû au médecin ou au malade, sont les plus désespérants et souvent aussi les plus décevants, car le malade ne comprend pas toujours, et a tendance à rejeter sur le Jeûne (et celui qui le pratique) la faute de cet ECHEC. plutôt qu’à admettre les véritables raisons de ce résultat négatif. Faut-il pour cela refuser tous ces cas ? La chose est difficile car on ne sait pas toujours, avant de commencer la cure de Jeûne, s’il n’y a vraiment rien de récupérable.

2) En dehors de ces échecs réels du jeûne; il existe aussi des échecs apparents, parmi lesquels je rangerai les cures mal conduites, les fautes alimentaires pendant la période capitale des premiers jours qui suivent le Jeûne et enfin, la reprise des mauvaises habitudes après la cure de Jeûne.

En ce qui concerne les cures de jeûne mal conduites, je voudrais insister sur un point important. Sous prétexte que le Jeûne est indiqué dans toutes les affections (sauf la tuberculose évolutive), même celles qu’il ne peut guérir parce qu’elles sont inguérissables, certaines en ont déduit que le Jeûne est inoffensif et ne saura faire du tort. Il y a là exagération manifeste.

Le Jeûne est une méthode thérapeutique extrêmement puissante, et la puissance même de son action peut Ie rendre dangereux.

Je m’explique, la quantité de toxines libérées par la cure de Jeûne peut être très importante, d’autant plus importante que l’affection est ancienne, et si certains organes — affaiblis précisément par l’ancienneté de l’affection — ne réussissent pas à éliminer ces toxines, on assiste alors à une aggravation irréversible si l’affection, par suite d’un blocage total des organes vitaux (foie, reins, intestins), à cause de cette augmentation trop brutale de la quantité de toxines en circulation.

Certains malades sont à manipuler comme des « colis fragiles », pour lesquels, de longues cures de Jeûne peuvent être mortelles. Il faut leur faire suivre des cures courtes, entrecoupées de réalimentation douce et progressive, de telle façon que les toxines libérées par la première cure soient rejetées pendant la réalimentation, avant qu’une deuxième cure de jeûne en libère d’autres.

Je pense ici, à un jeune homme qui avait fait une cure de 29 jours dans un Établissement où le jeûne se fait sans surveillance médicale autorisée et COMPÉTENTE. Certes, il était atteint d’une affection très grave, que le Jeûne n’a jamais prétendu guérir SEUL, mais, à la suite de cette cure, on a assisté à une aggravation rapide, et il est mort en quelques semaines. Ses parents se demandaient la raison de cette évolution accélérée, elle est toute simple son organisme, affaibli par la maladie, n’a pu éliminer la quantité énorme de toxines libérées par une si longue cure et il s’est, en somme « auto empoisonné ».

Pour ma part, j’ai eu deux cas identiques, qui se portent toujours bien, mais je me suis contenté de cures de Jeûne variant entre 5 et 7 jours, répétées plusieurs fois après 6-7 jours de réalimentation et les résultats étaient très nets.

Pour moi, le Jeûne c’est « de la dynamite qui ne fait pas de bruit » mais celui qui se fie à son silence apparent pour la manipuler à tort et à travers joue à l’apprenti sorcier...

En dehors de ces cures mal conduites, une autre cause d’échecs apparents consiste en fautes alimentaires dans les premiers jours qui suivent la cure.

Cette période, dite de réalimentation, est capitale. Si elle est mal faite, elle peut détruire tout l’effet d’une cure bien conduite. Je pense à une malade dont la cure s’était bien déroulée, sans le moindre incident, et tout laissait présager un excellent résultat. Elle a insisté pour repartir aussitôt la fin du Jeûne, me disant qu’elle était végétarienne depuis très longtemps et qu’elle ne ferait aucun écart. Je l’ai crue. Elle est revenue quelques mois plus tard, plus mal que la première fois et m’a avoué, que, dès le premier jour de son retour, elle avait dérogé au régime prescrit. Cette fois, elle est restée ici pendant 10 jours après le Jeûne, est repartie transformée et m’a juré que maintenant elle avait compris et qu’on « ne l’y reprendrait plus ».

Je dois dire d’ailleurs, que cette période est tellement délicate que je l’ai déjà plusieurs fois modifiée, toujours dans le sens de la progressivité. Les deux écueils à éviter sont la mastication insuffisante et la tendance à trop manger. Même en clinique il est difficile de freiner les malades et pourtant cela est tellement important...

D'autres échecs apparents du Jeûne sont dus tout simplement à la reprise des mauvaises habitudes, alimentaires ou autres, qui étaient à l'origine de l'affection traitée. Cela semble évident et il semble aussi évident qu'il faut être inconscient pour agir ainsi, et pourtant... Je connais un malade qui était arrivé à la Clinique pratiquement impotent, tant il était gêné par un asthme extrêmement violent avec emphysème, toux continuelle, expectoration abondante. Après le Jeûne transformation totale, tant et si bien qu'il s'est remis à fumer (ce qui lui était devenu impossible lorsqu'il était bien malade), d'où rechute respiratoire aussi forte qu'avant le Jeûne, mais comme l'amélioration s'était fait sentir aussi du côté de l'appareil digestif, il s'était permis de reprendre les anciennes habitudes de bonne chère, et du coup, la rechute a porté également sur la prostate.

Je connais un autre Monsieur, extrêmement sympathique, qui est cuisinier de métier. De constitution très robuste, il n'est pas réellement malade mais son métier l'entraîne à des abus d'aliments et de boissons. Quand la coupe va déborder (c'est-à-dire quand il dépasse largement les 100 kg...) il fait une longue cure de Jeûne qui le fait maigrir, fait disparaître les excès de cholestérol et de sucre sanguin, puis... il recommence ! Il a fait ainsi une cure chez le Docteur BERTHOLLET il y a 7 ans et une cure à la Clinique il y a deux ans et je m'attends à le revoir d'ici un an ou deux. C'est sa façon à lui de voir les choses, mais il ne s'agit pas vraiment d'un malade et il reconnaît lui-même qu'il serait préférable de se comporter différemment (s'il n'avait pas un tel métier).

Tandis que certains vrais malades ne veulent pas admettre que si le Jeûne les guérit, il ne les dispense pas pour autant de prendre des précautions par la suite, sous peine de récidives. Et dans ces cas, il faut bien admettre que les échecs du Jeûne ne sont qu'apparents.

Quelles conclusions pouvons-nous tirer de tout ceci ?

Il faut en conclure que si le Jeûne est une thérapeutique capable de donner des résultats souvent incroyables, il est nécessaire que la cure soit pratiquée dans certaines conditions que nous allons étudier maintenant.

 

CHAPITRE V

 

CONDITIONS POUR QU'UNE CURE DE JEUNE SOIT EFFICACE

Si le Jeûne et les thérapeutiques naturelles peuvent donner d'aussi bons résultats que ceux que nous venons de voir et d'étudier, il faut néanmoins respecter certaines conditions que nous allons maintenant passer en revue.

1. - AFFECTIONS EN CAUSE

Il est évident, semble-t-il, que si l'on veut obtenir un bon résultat d'une cure de Jeûne, il faut d'abord que le cas à traiter soit réellement justiciable d'une cure de Jeûne. En effet si ce cas fait partie de ceux pour lesquels le Jeûne est inefficace, voire même contre-indiqué, et que nous avons étudiés précédemment, on ne doit s'attendre logiquement qu'à un résultat médiocre ou mauvais, sans pouvoir pour autant incriminer la méthode.

Cela semble évident, disais-je, mais pourtant il m'est arrivé souvent de devoir expliquer à certaines personnes que le Jeûne ne peut faire de miracle, et que si le cas ne s'y prête pas, il n'y a absolument aucun intérêt à tenter cette cure. Malheureusement il est fréquent d'entendre des malades ou des parents de malades insister en disant qu'il s'agit là de leur dernier espoir.

Il faut comprendre que si l’on sait à l’avance que le résultat ne sera pas bon, il n’y a aucun intérêt à tenter la cure, car même si les intéressés sont suffisamment honnêtes pour ne pas rejeter ensuite la responsabilité de l’échec sur le Jeûne, il n’en reste pas moins vrai que très souvent l’entourage proche du malade, voir même les thérapeutes qui l’avaient en mains auparavant, ne manqueront pas cette occasion de dénigrer la méthode.

2. — DÉROULEMENT DE LA CURE

Ceci est un point capital, car une cure de Jeûne ne peut se faire à l’aveuglette. Nous étudierons le déroulement d’une cure de Jeûne, d’abord dans les cas habituels, puis dans les cas particuliers.

Dans la majorité des cas, les choses se déroulent de la façon suivante. A son arrivée, le malade est examiné et interrogé d’une façon approfondie, de manière à établir si possible un diagnostic précis. Puis l’on procède aux différents examens que son état peut nécessiter

prise de sang, analyse d’urine, voire même examen radiologique et, systématiquement, un électrocardiogramme est effectué.

Ces examens préliminaires sont très importants, car, d’une part, ils permettent de savoir s’il n’y a pas de contre-indications à la cure, d’autre part d’établir dès le début de la cure quels seront les traitements complémentaires à appliquer, suivant les troubles présentés par ce malade.

Puis le malade prend une purge, le premier et le deuxième jour, puis tous les trois jours, tout le temps que dure la cure, durée qui est dans ces cas courants, de 21 jours, non comprise la période de réalimentation sur laquelle nous reviendrons.

En ce qui concerne la purge, la plus couramment employée est celle que préconisait le Docteur BERTHOLLET. C’est une purge saline, dont la formule est la suivante Citrate de magnésie 40 g, Sulfate de soude 15 g. Bicarbonate de soude 3 g, sirop simple 30 g, eau distillée q. s. p. 500 cc. Cette purge a l’avantage non négligeable d’avoir un goût assez plaisant, d’avoir une action énergique mais non brutale ni douloureuse, c’est-à-dire qu elle ne provoque pas de coliques inutiles, tout en entraînant des évacuations copieuses et abondantes. De plus, comme elle est très diluée, elle ne fatigue pas l’appareil urinaire. Elle est très bien supportée même par les intestins les plus fragiles et beaucoup de mes malades sont très étonnés de voir que cette purgation énergique et efficace ne leur donne pas de douleurs et n’entraîne aucune réaction intempestive de leurs intestins, alors qu’avant la cure ils ne supportaient même pas le moindre laxatif.

En dehors de ces purgations, répétées suivant le rythme schématique que j’ai indiqué, au début, les malades boivent, dans les cas normaux, 5 à 6 tasses de tisane par jour, ainsi que de l’eau minérale à volonté. Les tisanes sont choisies suivant le cas précis du malade ou du moins suivant l’appareil qui semble le plus atteint. C’est ainsi qu’un asthmatique boira plutôt de la tisane pulmonaire, un hépatique prendra de la tisane hépatique, etc... L’eau minérale peut varier, ce qui importe le plus c’est de donner aux malades une eau pure et surtout propre, c’est-à-dire ne contenant pas les produits désinfectants que contient toujours l’eau de ville. Il arrive que suivant le cas particulier d’un malade on choisisse plutôt telle eau minérale qu’une autre, suivant ses propriétés plus particulières. Ce qui compte surtout, c’est de boire abondamment afin de soulager les reins, et de leur permettre d’évacuer plus facilement les toxines ainsi diluées par la plus grande quantité de boisson.

La journée du malade est occupée par ailleurs par l’application des soins et thérapeutiques complémentaires que nous passerons en revue dans un chapitre ultérieur. En dehors de ces traitements, le malade se repose ou bien se distrait avec d’autres malades, soit dans des discussions, soit par des jeux de société, ou bien comme je le conseille toujours, il occupe les quelques heures de liberté que le traitement lui laisse en promenades, qui sont en général très salutaires, car elles activent la circulation et permettent une meilleure oxygénation du sang.

Il faut noter en effet, que ces malades privés de nourriture ne sentent nullement une fatigue insurmontable, et au contraire sont bien souvent étonnés de pouvoir faire, pendant leur Jeûne, de grandes marches qu’ils auraient été absolument incapables d’effectuer avant leur cure. Ceci se conçoit assez aisément, si l’on veut bien admettre que le léger affaiblissement, provoqué par le manque de nourriture, est très largement compensé par le bienfait immédiat procuré par la désintoxication profonde de tout l’organisme.

D’ailleurs cela est si vrai que la seule période délicate d’une cure de Jeûne se situe dans les deux premiers jours, où il se produit souvent, mais non obligatoirement, un état comparable à ce que l’on appelle couramment une crise de foie nausées, voire même vomissements, céphalées, vertiges, somnolence et courbatures. Cet état grippal ou cette crise de foie (qui n’en sont pas), s’expliquent par l’afflux considérable et brutal de toxines mises en liberté par le Jeûne, afflux de toxines qui présente des difficultés à être évacué suffisamment vite. Comme le dirait le langage populaire « tout ceci se bouscule à la sortie », et il faut un certain temps, qui dure, je l’ai dit en général 48 heures, pour que l’évacuation des toxines soit suffisamment avancée et que les troubles disparaissent. Ensuite, à partir du troisième jour, lorsque l’évacuation de la plus grande partie des toxines est faite, les malaises disparaissent et le malade se sent de mieux en mieux au fil des jours, ce qui montre bien que le nettoyage de l’organisme procure plus de bienfait que la privation de nourriture n’apporte d’affaiblissement.

Pendant la cure elle-même, il arrive par moments que le malade constate une fatigue musculaire des membres inférieurs, comme s'il avait effectué une course à pieds ou une marche excessive. Ce phénomène est dû à la présence d’acétone dans les urines par suite d’un abaissement excessif du taux de sucre dans le sang. Au début de ma pratique, j’ai contrôlé très souvent cet abaissement du taux de sucre dans le sang lorsque se produisaient les phénomènes ci-dessus. Actuellement puisque les deux phénomènes sont concomitants, nous contrôlions tous les jours les urines des malades, et quand nous trouvons dans ces urines de l’acétone, nous donnons quelques morceaux de sucre de canne non raffiné et les troubles disparaissent rapidement, par suite du rétablissement d’un taux de glycémie normal et disparition de l'acétonurie.

Certains malades, d’ailleurs, sont assez réticents à absorber ce sucre, craignant qu’il n’interrompe le jeûne et ne diminue l’efficacité de la cure. On doit comprendre que dans ces cas, le sucre est plus un médicament (mais médicament naturel), qu’un aliment, et l’organisme en a tellement besoin qu’il est immédiatement assimilé, sans pour ainsi dire aucun effort digestif.

En outre, il est établi depuis longtemps que « les lipides brûlent au feu des hydrates de carbone » et comme ce sont surtout les lipides qui constituent la réserve des déchets et des toxines, il faut que l’organisme mobilise son sucre pour brûler ces lipides, c’est-à-dire les déchets contenus par les lipides. On arrive très rapidement à une insuffisance de mobilisation du sucre de l’organisme et donc de l’acétonurie.

Ce phénomène peut se produire, soit lorsqu’il y a une quantité excessive de déchets mise en liberté par le Jeûne, soit également lorsque les organes chargés de la fonction glycogénique dans l’organisme, c’est-à-dire surtout le foie et le pancréas, sont très insuffisants.

La meilleure preuve qu’il s’agit bien de ce mécanisme est donnée par le fait suivant lorsqu’un enfant présente une crise d’acétonurie comme cela n’est pas rare, par suite d’insuffisance hépatique, les médecins homéopathes savent bien qu’en donnant Lycopodium et Senna les crises sont jugulées en très peu de temps, mais dans le cas du Jeûne cela est totalement différent. J’ai essayé de donner aux malades présentant de l’acétone, pendant leur cure, ces mêmes remèdes homéopathiques, qui agissent si bien et si rapidement chez l’enfant, et j’ai pu constater que pendant le Jeûne ils n' avaient aucune action. Cela s’explique parce que dans le cas de l’enfant, il s’agit de stimuler un organe, tandis que pendant le Jeûne il faut donner un produit qui manque à l’organisme.

Tous les jours également il faut surveiller la tension artérielle, car d’une manière générale elle baisse pendant la cure et il serait imprudent de prolonger cette cure si elle atteignait un chiffre exagérément bas. A ce sujet, je précise que l’on ne peut préjuger de la durée éventuelle d’une cure de Jeûne suivant la tension artérielle de départ. En effet beaucoup de malades qui commencent la cure avec une tension artérielle faible, maintiennent celle-ci sans changement ou avec de très faibles diminutions pendant toute la cure. Inversement d’ailleurs, on constate souvent que, chez certains malades dont la tension artérielle avait bien résisté pendant toute la cure, et s’est maintenue à un chiffre voisin de la normale, cette tension chute brutalement lors des deux ou trois premiers jours de réalimentation, pour revenir ensuite à la normale.

Tout ceci est certainement fonction de l’état des glandes surrénales, état que l’on peut difficilement juger au début de la cure, car les examens biologiques dont nous disposons pour ces organes, d’une part ne sont pas précis, et d’autre part demandent un temps très long, 10 à 15 jours, pour être effectués.

Après avoir étudié le déroulement d’une cure normale, passons maintenant aux cas particuliers. Pour certaines catégories de malades, non seulement il n’est pas recommandé de boire, mais nous leur appliquons la cure de soif, c’est-à-dire la suppression complète de tonte boisson pendant deux ou trois jours consécutifs. Ces périodes de cure de soif sont renouvelées plusieurs fois durant la cure.

Comme je l’ai dit, ces cures de soif sont beaucoup plus pénibles que le Jeûne lui-même, mais elles possèdent une action efficace sur les reins paresseux, et leur répétition aboutit en général à une amélioration de la diarèse. Ces cures de soif sont appliquées le plus souvent aux malades hydrogénoides, c’est-à-dire à ces malades qui font de la rétention hydrique ou hydrochlorurée, et dont l’excès de poids est dû au moins autant à des liquides qu’à de la graisse proprement dite.

Cependant plus exceptionnellement, il arrive que l’on soit obligé d’appliquer ces cures de soif même à des malades maigres, lorsque leurs reins présentent des signes d’insuffisance. On évalue ces signes d’insuffisance rénale soit par les examens biologiques des urines, soit par la quantité trop faible d’urine émise en 24 heures, par rapport au volume de boisson absorbée en ce même laps de temps, soit également par une chute de poids insuffisante.

En effet tout malade qui jeûne doit maigrir, et la moyenne de chute pondérale est d’environ 500 g par jour, pour un malade d’ossature ou de poids moyen. Même un maigre doit perdre au moins 3 à 400 g par jour, alors qu’un obèse peut perdre I kg, et même davantage, chaque jour. Certains malades maigres sont inquiets de cette chute de poids, qui est au contraire un indice rassurant, puisqu’il traduit une bonne élimination rénale et hépatique, alors qu’une perte de poids insuffisante est toujours le signe d’une désintoxication médiocre, et donc le présage d’un résultat moins bon après La cure. Je rassure toujours les malades qui maigrissent beaucoup et qui s’en inquiètent car je puis leur affirmer par expérience que plus ils ont maigri pendant la cure, plus vite ils reprendront du poids après la cure, et meilleur en sera le résultat.

En ce qui concerne la purge, dans certains cas particuliers, je n’emploie pas la purgation précitée, mais une purgation à base d’huile de ricin à laquelle j’adjoins certains autres composants, car il arrive que des malades ne supportent pas la purge saline, soit par pusillanimité, soit pour une question de goût, soit également parce que la purge saline est contre-indiquée médicalement. De plus cette purge huileuse a l’avantage d’être moins copieuse et certains malades habitués à boire très peu ou pas du tout, arrivent difficilement à absorber les 500 cc de la première formule.

Dans d’autres cas, il est nécessaire de faire des lavements intestinaux, soit encore parce que les purgations ci-dessus ont une action insuffisante, soit parce qu’elle sont contre-indiquées, ou encore parce que le goût de l’une ou l’autre n’est pas toléré par certains malades.

Nous employons également un appareil basé sur l’entéroclyse, c’est-à-dire un appareil d’invention américaine qui permet non plus un lavement ordinaire de l’intestin, mais un lavage réel, en faisant passer dans l’intestin une quantité d’eau qui peut aller jusqu’à 80 1, avec un circuit de retour, et un système de contrôle permettant de s’assurer que l’eau qui ressort devient de plus en plus propre, et finalement complètement claire, ne ramenant plus avec elle de matières fécales.

Cette entéroclyse est très utile, non seulement parce qu’elle lave le gros intestin et remet la muqueuse en état de propreté, lui permettant ainsi de mieux fonctionner, mais également parce qu’elle provoque, par osmose et par réflexe, des phénomènes de décongestion des organes digestifs annexes et environnants, ainsi que du sang lui-même. On obtient par l’entéroclyse des résultats étonnants et très durables.

Cette méthode a permis d’ailleurs de réduire le nombre de purges données autrefois pendant une cure de Jeûne. Cependant celles-ci ne sauraient être supprimées complètement, car l’action des purges ne doit pas être considérée comme celle d’un laxatif qui n’agit que sur le gros intestin. En effet la purge a une action plus générale, provoquant notamment une chasse biliaire qui balaie naturellement la vésicule biliaire mais aussi l’intestin grêle avant d’arriver au gros intestin.

Ceci m’amène à parler de la méthode de Jeûne suivant SHELTON, naturopathe américain, qui est un adversaire des lavements et des purges pendant le Jeûne. Il dit

« Les réactions varient tellement d’un individu à un autre durant le Jeûne, et pour le même individu elles varient tellement d’une période à une autre, que les effets apparents de la purge et du lavement dans un cas, ne prouvent rien. Que ceux qui accomplissent des expériences fassent maintenant toute une série d’expériences sans lavement ou sans purge. Je connais les méfaits du lavement ainsi que ceux de la purge. Je sais que le lavement n’atteint pas l’intestin grêle comme le fait la purge. Si nous admettons l’utilité de ces deux procédés, la purge peut être préférable, mais je n’admets pas cette nécessité ».

Pour ma part, je répondrai que les milliers de purgations dont j’ai l’expérience me permettent d’affirmer qu’elles ont toujours un effet salutaire sur le malade qui ressent une amélioration nette de ses troubles dès que l’évacuation s’est produite.

D’autre part, j’ai eu l’occasion de faire jeûner des malades sans purge, ni lavement, parce que ces malades étaient venus en clinique à la condition expresse que je veuille bien les laisser appliquer la méthode de SHELTON. Le plus long jeûne qu’ils aient été capables d’effectuer fût de 14 jours et toujours très péniblement. Je me souviens notamment d’un malade qui ne put jeûner que 5 jours, puis dut renoncer. L’année suivante, il m’a demandé de le reprendre en me disant « J’ai compris que je ne pourrai jamais jeûner dans ces conditions. Or, il faut absolument que je jeûne assez longtemps si je veux pouvoir me débarrasser de mes troubles que rien d’autre n’a pu guérir. Je suis prêt à accepter vos conseils ». Il a donc jeûné de nouveau, cette fois avec purges, et a très bien supporté la cure habituelle.

En outre, je ne compte plus le nombre de fois où les purgations ont permis l’évacuation de matières fécales SOLIDES, non seulement les premiers jours, mais même dans les tout derniers jours de la cure. Témoin l’inscription suivante relevée dans le « LIVRE D’OR » de la clinique « Notre Corps Médical sait-il que 21 jours de Jeûne comprenant une purgation tous les trois jours, et l’absorption de nombreuses tisanes ne sont pas toujours suffisants pour débarrasser l’intestin de tous ces résidus ? Dans le cas considéré, en effet, il y a eu encore évacuation de matières fécales SOLIDES le 21e jour ! C’est incroyable, ahurissant ! »

Dans ces conditions, comment admettre l’assertion de SHELTON qui dit que le fait que des malades soient restés 30 jours sans selles, ne présente aucun risque. Même en supposant que cela ne soit pas dangereux —ce qui reste à prouver — il est du moins certain que cela a empêché l’évacuation de matières fécales si anciennes et si bien « accrochées » à la muqueuse intestinale, que les purgations répétées ne parviennent à les rejeter qu’après 21 jours de Jeûne, c’est-à-dire après 8 purgations.

De toutes façons, l’expérience de nombreux médecins et thérapeutes, avant la mienne, me permet de garder confiance, en dehors même de tout raisonnement plus ou moins logique, dans la valeur de la méthode de Jeûne avec purgations ou, à défaut, avec lavements.

3. — DUREE DE LA CURE

Si, il y a quelques instants, je n’étais pas de l’avis de SHELTON en ce qui concerne les purges et les lavements, je le rejoins en ce qui concerne la durée des cures de Jeûne.

En effet SHELTON pense que, si l’on veut obtenir un résultat complet, durable, il faut faire jeûner le malade jusqu’au retour de la vraie faim, de la faim physiologique, qui s’accompagne du nettoyage spontané de la langue.

Ceci demande quelques explications. Pendant la cure de Jeûne, très rares, pour ne pas dire exceptionnels, sont les sujets qui se plaignent d’avoir faim et même la plupart du temps, les malades me font part de leur étonnement de ne pas ressentir cette sensation.

Pourtant quelques-uns prétendent avoir faim. En réalité, cela n’a rien à voir avec la faim physiologique qui annonce le « décrassage » complet de l’organisme, faim qui se traduit par une sensation de vide total qui oblige le malade à manger, sinon il tombe en syncope. C’est un besoin absolu auquel il lui est totalement impossible de résister alors que la fausse faim, dès les premiers jours de Jeûne, est rapidement calmée par de l’eau ou de la tisane.

De plus, il faut savoir que pendant la durée du Jeûne, la langue du malade est recouverte d’un enduit blanc jaunâtre, plus ou moins épais suivant l’importance de l’élimination, à tel point, d’ailleurs, que l‘aspect de la langue d’un jeûneur peut servir de baromètre celui qui élimine peu ou pas du tout gardera une langue propre ou à peine chargée et cela est un mauvais signe.

Si l’on jeûne jusqu’au retour de la faim physiologique, on s’aperçoit que la langue, même si elle était très encrassée pendant la cure, se nettoie spontanément, souvent en un jour ou deux, parfois en l’espace de quelques heures, et que ce nettoyage précède de peu la sensation de la vraie faim, au-delà de laquelle il serait dangereux de prolonger le Jeûne.

Je suis donc d’avis de SHELTON sur ce point il serait souhaitable de faire faire, à chaque malade qui vient jeûner, une durée maximum car le résultat est toujours meilleur. On doit bien comprendre que ce n’est pas en huit, dix ou quinze jours que l’on peut éliminer des toxines accumulées pendant dix, vingt, ou trente ans (d’erreurs alimentaires ou médicamenteuses).

C’est pourquoi je ne suis pas de l’avis de ceux qui préconisent des cures de jeûnes courtes, répétées fréquemment, comme moyen de guérison valable. J’ai déjà dit que ces cures courtes doivent être considérées comme, tout au plus, le moyen de maintenir l’effet salutaire obtenu par une cure longue.

Cependant, je voudrais préciser un autre point il existe toute une catégorie d’individus qui ne sont pas à proprement parler des malades, mais qui sont encrassés, intoxinés et ne le sont pas suffisamment pour présenter des troubles précis. Ce sont des gens apparemment bien portants, mais parmi ceux-ci, beaucoup sont obligés professionnellement d’avoir une alimentation déréglée, excédentaire, soit tous les jours parce qu’ils mangent au restaurant, soit plusieurs fois par semaine parce qu’ils reçoivent ou sont reçus au restaurant ou à des repas plantureux.

Ces personnes, apparemment en bonne santé, peuvent maintenir très facilement ce bien-être moyennant une ou deux cures par an de 8 à 10 jours de jeûne, suivis de 4 à 5 jours de réalimentation progressive. Moyennant cet arrêt de 2 semaines, une ou deux fois l’an, ils décrassent leur foie et tout leur organisme, et peuvent donc continuer de mener une vie usante, en reculant l’échéance de la maladie, sinon en l’évitant complètement.

Bien sûr cette attitude n’est peut-être pas très logique, elle ressemble un peu aux personnes qui vont se confesser pour mieux pouvoir pêcher, mais enfin il n’est pas douteux qu’à notre époque, certaines situations, certaines professions, obligent réellement les individus à agir ainsi sous peine de passer pour des originaux ou des maniaques, s’ils voulaient à tout prix maintenir un régime sain et équilibré.

Mais revenons à la durée souhaitable d’une cure de Jeûne suivant SHELTON et suivant moi-même puisque, je l’ai dit, je suis de l’avis de ce naturopathe américain. Il faudrait que chaque malade qui jeûne puisse effectuer une durée de Jeûne maximum s’il veut obtenir un résultat complet.

Mais... car il y a un MAIS majeur, le retour de la faim physiologique et le nettoyage spontané de la langue, ne sont obtenus qu’après des durées de cures excédant toujours 30 jours de Jeûne et bien souvent davantage 40 ou 50 jours. De plus, ces longues cures de Jeûne nécessitent une période de réalimentation plus progressive, donc plus longue, ainsi qu’une convalescence également prolongée. Autrement dit, pour une période de Jeûne de 40 jours il faut prévoir une durée totale de 3 mois pendant lesquels le malade ne devra pas travailler.

Il faut donc considérer cela comme un idéal car, de nos jours, bien peu de personnes disposent d’un temps suffisant pour effectuer ces cures complètes et parfaites. Cela est vraiment regrettable car il faut avoir vu les résultats qu’elles donnent pour comprendre réellement toutes les possibilités du Jeûne.

C’est pourquoi, j’ai pensé qu’il pouvait être possible d’accélérer l’élimination toxinique procurée par le Jeûne en lui adjoignant certaines thérapeutiques, dites naturelles parce qu’elles ne font appel qu’à des éléments provenant de la nature, et qui n’entravent pas, tout au contraire, les réactions salutaires et spontanées de l’organisme. Ces méthodes constituent l’arsenal (le ce que les anglo-saxons nomment la naturopathie, méthodes qui sont bien codifiées et pour lesquelles des cours sont donnés dans les Facultés américaines qui décernent les diplômes de Naturopathie.

Il est à souhaiter, d’ailleurs, que ces méthodes soient un jour reconnues en France.

Ce sont ces méthodes complémentaires du Jeûne et augmentant son efficacité que nous passerons en revue clans un chapitre ultérieur.

4. — RÉALIMENTATION

J’ai déjà dit quelques mots sur cette période qui suit immédiatement la cure de Jeûne dans le chapitre consacré aux échecs réels ou apparents du Jeûne, mais je voudrais ici développer cette question, car elle est capitale.

Tout au début de ma pratique du jeûne, j’appliquais la méthode de réalimentation employée par le Dr BERTHOLET et je dois dire que les incidents étaient fréquents. Depuis lors, j’ai modifié plusieurs fois la façon de réalimenter les malades, toujours dans le sens de la progressivité.

 Actuellement je fais prendre aux malades pendant les deux premiers jours, uniquement des jus, alternativement jus de fruits et jus de légumes, à raison de 4 jus le premier jour et de 6 jus le 2e jour. Puis le 3e jour, on donne uniquement des crudités, fruits et légumes encore, mais sous leur forme solide cette fois. Le 4e jour même régime, en augmentant légèrement les quantités. Le 5e jour seulement, on ajoute à ces crudités des céréales sous forme d’une bouillie de blé complet le matin, et de pain complet midi et soir. Le 6e jour on ajoute à cette alimentation un plat cuit, suivant la méthode MONO, c’est-à-dire un plat cuit sans aucune matière grasse chauffée. Cette alimentation MONO est d’ailleurs poursuivie pour les malades qui ont une atteinte hépatique assez marquée. Pour les autres, à partir du 6e jour, on passe au plat cuit à l’étouffée.

Je parlerai, dans le paragraphe suivant, de l’alimentation ultérieure, c’est-à-dire dans la période de postcure, ce que je viens de dire ici ne concernant que la période où les malades sont encore cri clinique, immédiatement après le Jeûne.

Si je le pouvais, je rendrais cette période encore plus progressive, mais en même temps cela la rendrait plus longue. Or les malades sont toujours pressés de partir pour des raisons familiales, professionnelles, ou pécuniaires, et comme ils sont venus surtout pour jeûner, ils ont l'impression que lorsque la cure de jeûne proprement dite est terminée, ils perdent leur temps en demeurant en clinique davantage et ceci est une grosse erreur.

En effet au cours de cette période de réalimentation, l’élimination toxinique est extraordinairement massive. Les toxines libérées par les derniers jours de jeûne, et qui n’ont pas encore été rejetées hors de l’organisme, sont alors éliminées assez brutalement, emmenées par les aliments qui jouent ainsi un rôle de balai. Naturellement, les organes chargés de cette élimination, les reins notamment et le foie, ainsi que l’intestin, sont quelque peu malmenés, voire même surmenés par cet effort nouveau qu’on leur demande. Cela se traduit par un épaississement des urines, très caractéristique, qui deviennent quelquefois comparables à de l’eau boueuse. D’ailleurs il n’est pas rare d’assister à des symptômes de cystite dans les premiers jours de réalimentation, par suite de cette hyper-concentration urinaire, ces phénomènes de cystite étant sans gravité, et disparaissant spontanément en deux ou trois jours.

Du côté digestif, cette élimination due à la réalimentation entraîne également des réactions qui ne se font pas toujours sans incident. On observe très fréquemment, des flatulences, des lourdeurs, des ballonnements, quelquefois des aigreurs d’estomac, qui durent deux à quatre jours.

Ces réactions sont dues, je l’ai dit, aux difficultés d’élimination des dernières toxines libérées pendant la cure de Jeûne. Il y a également un autre facteur à retenir pour expliquer ces incidents. Pendant toute la cure de Jeûne les organes digestifs consacraient toute leur activité au nettoyage de leurs cellules, mais comme ces cellules n’avaient plus rien à assimiler, la sécrétion des sucs digestifs était sinon totalement supprimée, du moins réduite au maximum, et lorsque les premiers aliments arrivent dans l’estomac, et dans le tube digestif entier, ils sont forcément incomplètement digérés, ce qui obligatoirement, entraîne des troubles. De plus la sécrétion des sucs digestifs est rythmée, normalement, par l’arrivée des aliments, mais dans les tous premiers jours, cette sécrétion ne se rétablit pas suivant le rythme habituel. Il y a comme une période de rodage qui pourrait se comparer assez bien à la période de rodage d’une voiture neuve, ou remise à neuf, et dans un cas comme dans l’autre, la brutalité ou l’excès de rapidité, le manque de progressivité, ne peuvent être que nuisibles.

Ce sont certainement la violence et l’importance de cette remise en route, non seulement de l’appareil digestif, mais de toutes les fonctions de l’organisme, qui expliquent le phénomène, dont je parlais plus haut, de chute brutale de tension artérielle, dans les premiers jours de réalimentation, chez des malades dont la tension artérielle s’était maintenue à un chiffre normal pendant la cure elle-même.

Pour toutes ces raisons je n’aime pas que les malades partent trop tôt, comme certains le demandent, en prétextant qu’ils sont bien au courant, déjà depuis longtemps, des lois et règles d’une alimentation saine, car s’ils sont déjà rentrés chez eux quand ces symptômes se déclenchent, ils les interprètent souvent mal, c’est-à-dire comme une indigestion alors qu’ils ne sont que la traduction de l’élimination dernière. Ils ne savent plus s’ils doivent continuer à manger, ou supprimer tel ou tel aliment, qu’ils incriminent à tort ou à raison. Heureux encore qu’ils ne font pas venir un médecin, qui ignorant tout de la question, s’empressera de critiquer le Jeûne, et naturellement de donner des médicaments, ce qui, on le conçoit, n’arrangera rien.

C’est ainsi par exemple que le fonctionnement intestinal ne se rétablit pas avant, dans la moyenne des cas, le 5’ jour de réalimentation. Il semble assez logique de penser qu’après un nettoyage aussi total que celui qu’a entraîné une cure de Jeûne, on puisse attendre sans impatience que cet intestin se remplisse à nouveau avant de pouvoir se vider. Et pourtant combien de malades ne trouvent-ils pas le temps très long et combien de patience faut-il avoir (à leur place) pour les rassurer et leur faire attendre la reprise d’un fonctionnement naturel ! S’ils étaient chez eux, nul doute que laxatifs ou lavements inutiles ou nocifs ne viendraient contrarier le résultat de la cure.

De plus, les troubles qui accompagnent la réalimentation, sont également dus au fait que trop souvent les malades ne savent pas se limiter dans la quantité des aliments. La capacité gastrique est variable suivant les individus, et certains doivent se contenter de très peu de choses les premiers jours, alors que d’autres peuvent en absorber davantage. D’autre part, aucun de ces malades ne peut prendre comme base la quantité de nourriture qu’il absorbait avant la cure, puisque dans les premiers jours qui suivent cette cure, la capacité gastrique, non seulement en volume, mais en sécrétion de sucs, a considérablement diminué. En clinique on ne peut faire qu’une ration moyenne, que je m’attache à rendre aussi peu importante que possible, mais il n’empêche que certains trouvent cette quantité insuffisante, alors que d’autres la trouvent excessive. Il est nécessaire d’insister tous les jours auprès des malades pour qu’ils essaient de sentir eux-mêmes la quantité qui leur convient. Malheureusement, on n’y parvient pas toujours.

Enfin, beaucoup de malades ne savent pas mastiquer, ou mastiquent très insuffisamment et ceci, qui est important en temps normal, devient capital dans les premiers jours de réalimentation. Une mauvaise mastication peut compromettre une cure de Jeûne et détruire tous ses effets en irritant l’estomac, en provoquant de l’aérophagie et en aggravant naturellement les troubles précités, qui, eux seraient de toutes façons passagers.

Ces deux dernières raisons, quantité de nourriture et mastication, sont des raisons supplémentaires pour garder les malades en clinique pendant cette période, car chez eux, livrés à eux-mêmes et aux sollicitations de leur entourage, les erreurs, par gourmandise ou par négligence, prendraient inévitablement le dessus.

5. — POST-CURE

Par post-cure, il faut entendre non plus les tout premiers jours qui suivent le jeûne, mais les mois et même les années à venir.

Le jeûne immunise pas, il ne vaccine pas, et, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, si le malade retombe dans les mêmes erreurs qui l’avaient amené à l’état de maladie, peu à peu il se retrouvera dans le même état qu’avant la cure de jeûne.

Il faut donc qu’après la cure, le malade ait une alimentation bien équilibrée et adaptée à son cas précis.

Le régime que je prescris en général, est végétarien, souvent même végétalien, car quoi qu’en disent les détracteurs, il s’agit là de régime non seulement hypotoxique, mais aussi désintoxiquant, c’est-à-dire qu’il contribue à continuer le travail de nettoyage commencé par le Jeûne.

N’oublions pas que les personnes que je vois sont de vrais malades et qu’ils sont tous, à un degré plus ou moins prononcé, des intoxiqués. Presque tous les malades de la viande, du pain blanc, des œufs, du beurre, ont des déficiences hépatiques ou rénales marquées. Comment pourrais-je continuer à laisser manger à ces malades de la viande, du pain blanc, des œufs, du beurre, du fromage, etc.., ? Et encore, quand je cite ces aliments c’est en pensant à ceux que l’on pourrait trouver non falsifiés, mais nous savons bien qu’à l’époque actuelle, cela relève presque de l’utopie pure.

Je ne veux pas m’étendre ici davantage sur ce sujet, pourtant capital, de l’alimentation, non seulement après une cure de jeûne, mais dans la vie courante. Ultérieurement paraîtra un livre que je prépare sur l’alimentation, et mes conceptions y seront expliquées de façon précise.

Je sais bien que l’on va peut-être me dire « encore un livre sur l’alimentation ! Quelle erreur et quelle prétention à la fois ! » Erreur, car il existe déjà trop de « systèmes alimentaires » qui ne font que semer la confusion dans les esprits des malades qui cherchent leur voie, livrés à eux-mêmes, puisque les médecins ne les conseillent pas (et en fait on ne saurait en vouloir aux médecins, car la diététique est sans aucun doute la partie des examens médicaux qui tracasse le moins les étudiants en médecine personne ne leur en parle !) -Quant aux pauvres malades qui, pour une raison ou une autre, ont décidé de réformer leur façon de s’alimenter, ils sont bien en peine de savoir qui ils doivent suivre entre les HYGIÉNISTES. avec leurs "combinaisons alimentaires", les végétaliens stricts, les fruitariens, les végétariens qui permettent les sous-produits animaux, les partisans du régime OSHAWA, pour ne citer que les principaux qui ont engendré toute une série de variantes, comment pourraient-ils s’y retrouver et surtout savoir qui a raison ? Un livre de plus ne saurait qu’ajouter à la confusion.

Prétention, car si ce livre n’ajoute pas un « système » de plus à ceux, trop nombreux, déjà existants, c’est qu’il contient la vérité, et c’est en réalité prétention énorme, car les auteurs des ouvrages antérieurs étaient des gens très sérieux, qui avaient travaillé la question à fond.

Et bien, je pense que non. Non, je ne pense pas que la question ait été fouillée comme elle le mérite. Non, je ne pense pas que ce soit folle prétention de ma part de dire voici qui résume tout, car en fait ce n’est pas moi qui parle, mais une autorité auprès de laquelle tous ceux qui ont écrit à ce sujet paraissent bien falots. J’ai cité HIPPOCRATE. Et quand on lit attentivement le père de la médecine, on s’aperçoit que les auteurs des livres sur la diététique avaient tout simplement oublié de se pencher sur les travaux de cet homme colossal.

N’oublions pas qu’à l’époque d’HÎPPOCRATE, la diététique jouait un rôle considérable, primordial même, car les médecins n’avaient pas à leur disposition la pharmacopée actuelle, et que par les régimes et quelques thérapeutiques naturelles annexes, ils savaient très bien soigner, ET GUÉRIR, aussi bien des maladies aiguës que des maladies chroniques, et même enrayer des épidémies graves, sans aucun vaccin ni antibiotique.

De nos jours les médecins pensent que les médicaments peuvent guérir à peu près tout, et du même coup ne s’occupent plus de ce que mangent leurs malades. Grossière erreur, car un malade mange deux, trois, voire même quatre fois par jour, et une faute alimentaire, même minime, mais répétée aussi souvent, peut très bien être la cause profonde d’une maladie, qu’un médicament, aussi efficace soit-il, ne peut que camoufler mais non supprimer, tant que l’erreur alimentaire persistera.

Je pense donc que s’il y a erreur elle se trouve chez ceux qui ont osé écrire sur l’alimentation, sans lire ni HIPPOCRATE ni GALIEN, et qu’il n’y a nulle prétention de ma part.

Tout d’abord, pourquoi s’est-il créé tant de « systèmes alimentaires » différents ? A mon avis, le terme même de « système » donne la réponse. Tel chef d’école a remarqué qu’un aliment ou une catégorie d’aliments est mal toléré par quelques individus, voire même par lui seul, et aussitôt il érige ce fait particulier en loi générale. Il en fait un système valable pour toute l’humanité sans distinction. C’est la raison pour laquelle toutes ces écoles diffèrent souvent par des détails très minimes, qui n’ont guère de justification.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Ce n’est pas par stupidité ni par besoin de publicité, car, je le répète, tous ces chefs de files sont des gens sincères et convaincus, qui croient réellement être dans le vrai, tout simplement parce qu’ils n’ont considéré qu’une partie du problème l’aliment, et ont laissé de côté la donnée primordiale l’organisme récepteur.

Si le premier est fixe, et d’une teneur à peu près immuable, facilement dosable, le second est essentiellement variable aussi bien dans sa composition (suivant l’âge, le sexe, la race, l’état de santé, le mode de vie, etc...) que dans ses réactions vis-à-vis de tel ou tel aliment.

HIPPOCRATE nous dit « Aux individus en bon point, à chair souple, colorée, il importe d’user la plus grande partie de l’année, d’un régime assez sec, car leur constitution est humide. Quant aux personnes à complexion dense, grêle, d’un blond tirant sur le rouge ou le noir, leur régime doit être assez humide pendant la plus grande partie du temps, car elles ont le corps sec. Les jeunes gens feront bien d’user aussi d’un régime assez émollient et humide, car cet âge est sec et le corps y a de la fermeté. Au contraire, les personnes sur le retour, se tiendront la plupart du temps à un mode assez sec, le corps à cette époque de la vie étant humide, relâché et froid. IL FAUT RÉGLER LE RÉGIME SUIVANT L’AGE, LA SAISON, L’HABITUDE, LE PAYS, ET LA COMPLEXION EN S’OPPOSANT RESPECTIVEMENT AU REGIME DES CHALEURS ET DES FROIDS C’EST DE CETTE FAÇON QU’ON SE PORTERA LE MIEUX ».

En ce qui concerne l’influence des saisons sur l’alimentation, HIPPOCRATE nous avait dit précédemment : « Les particuliers doivent ainsi régler leur régime en hiver manger le plus, boire le moins, la boisson sera du vin aussi pur qu’il sera possible, les aliments seront du pain et tous mets rôtis. En cette saison on usera aussi peu de légumes, de la sorte que le corps sera à son maximum de sécheresse et de chaleur. Quand vient le printemps, alors on boira davantage du vin plus trempé par petits coups, on usera d’aliments plus émollients et en moindre quantité. Au pain, on substituera la pâte de farine d’orge, on diminuera pour la même raison ce qu’on mange en fait de mets, lesquels seront tous des mets bouillis. Au printemps on commencera à prendre des légumes en petites quantités, afin de se disposer pour l’été, à l’aide de substances plus émollientes, de mets bouillis, de légumes bouillis et crus ainsi que de boissons aussi trempées et abondantes qu’il sera possible, mais en évitant par un usage progressif et sans brusquerie tout grand changement ». Et HIPPOCRATE continue en donnant des instructions aussi générales pour l’été et pour l’automne, GALIEN dit également « Je veux surtout que vous m'accordiez que nul n’aura entière connaissance des remèdes du régime salubre, de la vertu des aliments et médecine, s’il ne connaît la nature des corps aux quels ils sont destinés. Certains corps sont massifs, fermes et solides, ne laissant pas aisément entrer et sortir l’air, d’autres sont lâches et ouverts, évacuant aisément. Il est manifeste que les premiers ont besoin d’aliments humides et moites, les seconds de bien secs. Les uns demandent de la nourriture gluante, les autres déliée et subtile, les uns en grande quantité, les autres moins ».

Or, vous pouvez ouvrir n'importe quel livre de diététique, nulle part vous ne verrez indiqué telle alimentation convient à telle constitution, telle autre à telle autre, mais seulement il faut manger ceci, ne pas manger cela. Certes, ces recommandations ou ces interdictions sont appuyées d’arguments, mais ceux-ci ne concernent que les qualités ou des défauts des aliments étudiés. De l’homme qui doit ou ne doit pas avaler cette nourriture, on ne s’en soucie pas le moins du monde, C’est encore HIPPOCRATE qui me permettra d’insister pour que nul ne prenne ces paroles comme une critique acerbe lorsqu’il dit « Mais si beaucoup se sont occupés de ce sujet, aucun n’a su quel devait être exactement l’objet de son travail. Les uns ont traité une partie, les autres une autre.. L’ensemble, aucun des devanciers ne l’a embrassé. IL NE FAUT BLAMER AUCUN D’EUX DE N’AVOIR PU FAIRE LA DÉCOUVERTE, MAIS PLUTOT DE LOUER TOUS D’AVOIR ENTREPRIS LA RECHERCHE ».

Il est vraisemblable que certains, lisant ces lignes, diront « Tout ceci n’a aucune valeur, car tout repose sur des enseignements de « vieilles barbes » antiques, depuis longtemps dépassés et oubliés ». Oubliés certes (c’est même le seul reproche qu’on puisse leur faire), mais dépassés, certainement pas. Au contraire, en lisant leurs ouvrages, on se sent très petit et l’on est obligé de négliger les objections de ceux qui font preuve d’un orgueil assez incommensurable, pour se croire, non seulement leurs égaux, mais même leurs supérieurs en se permettant de critiquer leurs conclusions.

Il faut reconnaître cependant, que les circonstances et les contingences de la vie moderne empêchent trop fréquemment beaucoup de malades de suivre exactement et sans relâche, le régime prescrit, même s’ils le désirent ardemment. Les obligations professionnelles ou honorifiques, par exemple, entraînent souvent à des écarts auxquels il est difficile d’échapper.

C’est la raison pour laquelle je conseille toujours d’effectuer périodiquement de courtes cures de Jeûne 2, 3 ou 4 jours tous les mois ou toutes les 6 semaines. Ces cures courtes peuvent être faites à domicile, sans danger et sans surveillance médicale continue, d’autant plus facilement que le malade qui a fait une longue Cure sait alors qu’il ne risque rien, connaît les réactions qui peuvent se produire et n’a, ainsi, aucune appréhension.

Ces cures ont l’avantage d’éliminer périodiquement les toxines qui auraient pu s’accumuler de nouveau, par suite, précisément, de ces écarts plus ou moins obligatoires dont je parlais plus haut, et donc de maintenir le malade à un taux de désintoxication à peu près identique à celui que la cure de Jeûne en clinique avait procuré.

Ces cures périodiques sont utiles même pour les malades qui ne font pas d’écart de régime, car le simple fait de vivre, même avec un régime idéal entraîne un certain encrassement cellulaire. C’est là d’ailleurs le processus même du vieillissement et c’est également ainsi que l’on peut expliquer l’action rajeunissantes ou du moins anti-vieillissante, du Jeûne.

CONCLUSIONS

 Avant de terminer cet ouvrage, je voudrais souligner qu’il a été consacré à l’application du jeûne, et des traitements naturels complémentaires, à des malades, et j’aimerais insister sur un autre intérêt du jeûne : celui qu’il présente pour les gens « bien portants ».

 « Qui peut le plus, peut le moins », et il est bien évident que puisque le jeûne GUÉRIT les affections que nous venons d’étudier, il en PRÉVIENDRA l’apparition chez tous les sujets prédisposés.

C’est ainsi que les cures de jeûne courtes, répétées périodiquement, permettront de retarder, ou d’empêcher même, le déclenchement des affections menaçant un sujet. Si cette thérapeutique était appliquée plus communément, et dès que les premiers signes prémonitoires d’une maladie se précisent, cela éviterait bien des morts précoces, des invalidités, ou des maladies chroniques équivalentes à des infirmités. Le médecin de famille qui connaît ses malades, et donc qui connaît leur hérédité, pourrait par ce moyen, dans plus d’un cas, empêcher ce que l’on considère encore à tort comme une évolution fatidique et héréditaire.

De plus les cures de jeûne courtes et périodiques s’opposent au vieillissement prématuré de l’organisme, et cette action rajeunissante n’est pas négligeable, de beaucoup s’en faut. Le genre de vie que nous sommes tous plus ou moins obligés de mener actuellement est réellement épuisant. Même ceux qui semblent la supporter impunément ne peuvent le faire très longtemps. Une cure de jeûne de 8 à 10 jours par an serait le meilleur moyen pour leur permettre de continuer de mener une vie trépidante, puisque la seule solution, c’est-à-dire un changement radical d’existence, ne leur est pas possible.

C’est ainsi que je vois régulièrement des industriels qui viennent tous les ans faire une quinzaine de jours de jeûne, bien que leur état de santé physique soit très bon. Ils se sont rendu compte que pendant ces cures, et dans les mois qui suivent, la lucidité et l’ensemble de leurs facultés intellectuelles retrouvent une nouvelle force, ce qui les aide considérablement dans leurs affaires.

Malheureusement, je pense que ce n’est pas de sitôt que le traitement, préventif ou curatif, par le jeûne passera dans les mœurs courantes, et il y a à cela plusieurs raisons.

Tout d’abord la gourmandise, et la déformation des instincts les plus naturels, constituent des obstacles importants qui sont responsables de beaucoup des tentatives avortées, du moins à domicile. Ce sont souvent aussi les mêmes motifs qui font hésiter les malades à tenter la cure en clinique. « L’homme creuse sa tombe avec ses dents » dit-on, mais la véracité de ce dicton prend toute sa signification quand on voir de nombreux malades refuser la seule thérapeutique capable de les sauver, uniquement à cause de leur gourmandise.

Je ne reparlerai pas de tous les préjugés qui font déconseiller cette méthode, puisque je les ai étudiés dans le premier chapitre, mais il est certain qu’ils jouent un rôle primordial dans le peu de faveur que rencontre le jeûne, non seulement parmi les profanes auxquels on ne saurait reprocher de ne pas connaître à fond la question, mais surtout parmi les médecins, qui, eux, sont coupables d’ignorance.

Cependant je dois dire que la situation a évolué très nettement depuis quelques années et que le nombre de médecins qui apprécient les bienfaits du jeûne et le recommandent à leurs malades est en progression continuelle. De plus en plus nous recevons des patients qui sont envoyés par leur médecin traitant, et cela montre que le Corps Médical commence à s’intéresser sérieusement à cette thérapeutique, en même temps que cela démontre qu’ils ont eu l’occasion d’en vérifier les heureux résultats.

Même les Médecins Conseils de la Sécurité Sociale, qui, il y a quelques années, refusaient très souvent les accords de cet organisme, privant ainsi les malades de tout remboursement des frais d’hospitalisation, sont de plus en plus nombreux à accorder des cures, et cela aussi est encourageant, car il est certain que ce changement d’attitude ne peut être motivé que par les succès que ces Médecins Conseils ont pu constater sur les malades antérieurement hospitalisés.

Malgré tout, dans notre siècle d’évolution sociale, il est à souhaiter que les organismes responsables de la Santé se penchent sur ce problème, afin que le jeûne ne reste pas l’apanage de ceux « qui ont le moyen »et que même les plus humbles puissent en profiter.

Pour moi, un malade est un malade; la souffrance humaine ne connaît ni rang social, ni situation financière, et je ne comprendrai jamais qu’on puisse rester indifférent devant elle, même en se retranchant derrière un quelconque règlement administratif.

Si ce livre a pu contribuer à ouvrir les yeux de certains responsables de la Santé, de médecins, et surtout de malades, ce travail n’aura pas été inutile, et c’est là sa modeste ambition.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

NATUROPATHIE

René JACQUIER : « De l’atome à la Vie ».

 Dr MARCHESSEAU : Les cures de sudations et autres méthodes de désintoxication naturelle par la peau.

Grégoire JAUVAIS : « Embaumement vivant et auto-guérison biologique ».

R. P. J. JURION : Médecine naturelle, Médecine de l’Avenir.

Professeur Mono : La Méthode d’Alimentation Mono.

Dr J. KALMAR : Comment vous vieillissez,

H. Ch. GEFFROY : Le Secret de la Santé. Nourris ton corps. S. O. S. crise cardiaque. Défends ta peau.

 

MEDECINE

Dr Bernard VIVINI : (Thèse Bordeaux 1958) « La Méthode des Cristallisations sensibles de Pfeiffer appliquée au diagnostic du cancer ».

Dr BOURGOIS : « Diagnostic précoce et Traitement du Cancer ».

Dr Henri BERNARD : La Pratique de l’Homéopathie.

Dr Léon VANNIER : « La Doctrine de l’Homéopathie Française ».- -« La Pratique de l’Homéopathie ». - « Précis de Matière médicale Homéopathique ».

Dr J-A. LATHOUD, Dr FARRINGTON, Dr H. DUPRAT, Dr CHARETTE, Dr VOISIN : Matières médicales Homéopathiques.

Dr NASH : Principes de Thérapeutique Homéopathique.

HIPPOCRATE : œuvres complètes : Traduction de Littré.

GALIEN : Union Latine d’Éditions.

Encyclopédie Médico-Chirurgicale.

 

JEUNE

Dr BERTHOLET : « Retour à la Santé par le Jeûne ».

Dr EHRET « Le Jeûne ».

Dr DEVEY : « Lé Jeûne qui guérit ».

Dr SHELTON : « Le Jeûne ».

Dr TREMOLLIERES: Redécouverte du Jeûne ».

Dr. NICOLAIEV (Moscou) : Correspondance personnelle.

 

RELAXATION

J. H. SCHULTZ : « Le Training autogène ».

Pierre RENARD : « Tu mangeras du Feu ».

Dr L. CHERTOK : « L’Hypnose ».

Dr Jean-Paul GUYONNAUD : « Endormir par l’Hypnose ».

Henri DURVILLE : « Cours d’Hypnotisme et dé suggestions ».

Dr André PASSEBECQ : « Cours dé Psychosomatique naturelle ».

Ouvrages cités dans le Texte.